Jaguar XJ S


Jaguar XJ S Eventer de Lynx

1. Lynx Eventer

La carrosserie Lynx, créée en 1969, était réputée pour ses rénovations de véhicules d'époque (son premier métier) et ses répliques de Jaguar Type C, Type D, XK-SS et E-Type Lightweight. L'entreprise était née à l'initiative de l'ingénieur Guy Black. La première voiture que Black restaura était une Riley Lynx. Ce nom fut emprunté pour en faire la raison sociale de sa société.

Rapidement, poussé par la passion, Black se spécialisa dans la restauration des Jaguar Type C et Type D. Le nombre de modèles originaux étant particulièrement faible, à elle seule cette activité n'était pas de nature à faire vivre durablement la petite structure.

L'idée vint à notre homme de fabriquer des " répliques " à partir d'éléments mécaniques de Jaguar Type E. Cette dernière avait pour particularité d'une part d'être plus courante et plus abordable que la Type D, d'autre part de posséder de nombreux éléments en commun avec celle-ci. Pour mener à bien ses nouveaux projets, il s'associa avec un partenaire, Chris Keith Lucas. Les répliques de Type D ont toujours été fabriquées dans les règles de l'art, à la main, sans recours à de quelconques matériaux synthétiques.

Pour développer leur affaire, nos deux compères s'intéressèrent dès la fin des années 70 au sort de la Jaguar XJ S, que le constructeur de Coventry ne proposait alors qu'en coupé. La XJ S avait depuis 1975 la lourde tâche de succéder à la mythique Type E. Après s'être attelé à fabriquer un vrai cabriolet XJ S dès 1979, Black et Lucas présentaient à la presse en 1982 une version shooting brake de la XJ S, dénommée Eventer.

Ci-dessus, la Jaguar XJ S selon Jaguar - Ci-dessous, la Jaguar XJ S Eventer de Lynx

Avec l'Eventer, le coupé XJ S perdait son style lourd et pataud au profit d'une allure pure, fine et élancée. La légende veut que John Egan, alors patron de Jaguar, observa avec un certains mépris cette transformation, qu'il assimilait à une simple Reliant Scimitar plus huppée. Il pouvait en effet être légitimement agacé que Jaguar n'ai pas songé à un tel véhicule avant le petit artisan Lynx.


 Jaguar XJ S Eventer de Lynx - source : http://www.lynxeventer.com

Pour convertir le coupé en break de chasse, Lynx découpait le toit derrière le montant du pare-brise, et remplaçait celui ci par un nouvel ensemble fabriqué sur place. Le nouveau toit était fixé à la carrosserie par l'intermédiaire de solides montants latéraux. Le bas du coffre d'origine était conservé. La vitre du hayon était empruntée à ... la Citroën Ami 8. Le travail était si parfaitement réalisé que rien ne laissait deviner que ce modèle était fabriqué en dehors de l'usine de Coventry.


Jaguar XJ S Eventer de Lynx

C'est le client qui apportait sa propre voiture chez Lynx, sans que le constructeur ait un quelconque lien officiel avec le carrossier. La transformation était possible aussi bien sur la première version de la XJ S que sur la seconde, après le facelift de 1991.


Dans l'atelier de Lynx, notez en arrière plan les répliques de Jaguar
 Source : http://www.lynxeventer.com

Soixante sept voitures furent ainsi modifiées jusqu'en 2002 :
- 52 avant le facelift de 1991 et 15 après,
- 49 avec le volant à droite (façon britannique), 18 avec le volant à gauche,
- la plupart (une soixantaine) avec mécanique V12.

Cela serait le même ouvrier qui durant ces vingt années aurait transformé la XJ S. L'atelier fermait ses portes en 2006. Depuis, la marque, les locaux et un imposant stock de pièces sont à vendre.


Jaguar XJ S Eventer de Lynx

Incontournable et en français :  http://www.lynxeventer.com
Brochure publicitaire Lynx : http://www.jag-lovers.org
XJ-Story.com :
http://www.xj-story.com
Le site AROnline :
 http://www.austin-rover.co

2. Les Ateliers Réunis

Les Ateliers Réunis à Ecquevilly (78) proposaient à la fin des années 80 une conversion de la XJ S en break de chasse. Le nombre de transformations effectuées n'aurait pas dépassé cinq. La publicité diffusée dans la presse spécialisée précisait alors :

Cette Jaguar du type Break de chasse est le fruit de la dernière réalisation des Ateliers Réunis. Présentée en avant première à Paris lors du salon de Rétromobile, elle entre à son tour dans le club très confidentiel du mythique break de chasse Aston Martin et en perpétue ainsi la tradition. La conversion s'effectue sur la base du légendaire coupé Jaguar XJ S V12 ou 3,6 litre. La production de ce break de chasse est limitée à 40 exemplaires numérotés ".

Plus d'information ici.


Annonce extraite de " Automobiles Classiques ", février 1997

3. Arden

Un autre artisan allemand, Arden, bien connu pour ses travaux sur base Jaguar, commercialisa sa propre interprétation d'un break de chasse XJ S. Plus d'information ici. La similitude des formes était réelle entre les créations de Lynx, des Ateliers Réunis et d'Arden. Travaillaient t'ils tous à partir des plans du précurseur Lynx ?


 Source : http://www.lynxeventer.com

4. Burlet

Le carrossier Burlet construisit lui aussi une version shooting brake de la XJ S. Son dessin, moins gracieux, arborait un montant vertical qui divisait en deux la baie latérale. Plus d'information ici.


La version de Burlet, source : http://www.luxcars.ch


5. Digression


Jaguar XKR Shooting Brake, réalité ou fiction ?


Vision d'artiste - source : http://artandcolourcars.blogspot.fr

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