Le Corbusier - Citroën 2 CV - Chrysler CCV
 Ligier Dué - Nissan S Cargo


Le Corbusier

Nul ne sait si Pierre Boulanger, ingénieur passé par les Beaux Arts, à la tête de Citroën de 1935 à 1950 et instigateur de la TPV (très petite voiture) qui allait devenir la 2 CV en 1948, avait puisé ses idées auprès de Charles Édouard Jeanneret Gris, alias Le Corbusier. Cet urbaniste, décorateur, peintre et architecte avait présenté en 1928 sa " voiture minimum ", une 2 CV avant l'heure. Dans un courrier qu'il rédigea à l'époque de la présentation de la 2 CV, Le Corbusier (1887-1965) s'adressait ainsi à  Citroën : " Votre voiture est intéressante, j'y avais pensé il y a 20 ans ". En 1987, Giugiaro réalisait à l'occasion du 100ème anniversaire de la naissance de l'architecte une maquette grandeur nature de l'automobile qu'il avait imaginé pour le futur.


Citroën 2 CV

Lorsque survint la crise économique des années trente, André Citroën eu l'idée de fabriquer une automobile populaire à bas prix, dont le nom de projet allait être TPV  pour "très petite voiture", avant de se faire appeler 2 CV.

Pour Citroën, il fallait explorer de nouveaux marchés, faire de l'automobile un objet courant, utile et accessible aux classes populaires. Pour la première fois, Citroën allait concevoir une automobile comme un outil de travail destiné au monde ouvrier et rural, comme l'avait déjà fait le constructeur américain Henri Ford. La 2 CV devait " pouvoir trans-porter quatre personnes et 50 kilos de pommes de terre ou un tonnelet, à la vitesse maximale de 60 km/h ", selon le cahier des charges établi par Pierre Boulanger, qui dirigeait Citroën après la mort de son fondateur en 1935.

Création de l'équipe de l'ingénieur André Lefebvre, la TPV se devait d'être un véhicule économique avec ses caractéristiques propres. Elle ne fut pas conçue comme la réduction d'une voiture de moyenne gamme. Ce n'était pas selon ses concepteurs une " Traction du pauvre ". Dans ce projet, Pierre Boulanger affirmait sa volonté de prendre de l'avance technique. Il indiquait aux ingénieurs de tout étudier, " même ce qui était déraisonnable ", il serait toujours temps après coup de faire le tri parmi les innovations. 

Et les innovations furent nombreuses, notamment grâce aux techniques issues de l'aéronautique, chères à André Lefebvre - diplômé de l’école supérieure d’aéronautique - comme à Pierre Boulanger. La 2 CV était dotée d'une foule de caractéristiques techniques impressionnantes pour l'époque : traction avant, suspension souple, moteur bicylindre à plat refroidi par air, carrosserie en profilés, et bien sûr, la légèreté, la rigidité, une répartition des masses réfléchie comme sur un un avion.

Le lancement du véhicule, à l'origine prévu pour 1939, fut retardé à cause de la guerre. Les prototypes existants furent soit détruits, soit démontés et les pièces cachées dans différents endroits. L'étude se poursuivait clandestinement durant l'occupation.

La 2 CV apparaissait comme la voiture idéale. La reconstruction du pays nécessitait des produits utiles aux travailleurs, fabriqués à bas prix avec peu de matières premières. A son lancement, la 2 CV allait très vite devenir la voiture symbole de la liberté. Elle fut présentée en 1948 au Salon de Paris, équipée d'un moteur 375 cm3 de 9 ch. Son esthétique était discutable, mais tous s'accordaient à lui reconnaître une grande habitabilité. Sans prétention, sympathique, économique, pleine d'avantages, la 2 CV séduisait finalement tous les publics.

De 1948 à 1990, 5 114 940 exemplaires de la 2 CV (dont 1 246 335 fourgonnettes) furent construits. 

Source : Dates de 1919 à nos jours, par la Direction de la Communication Citroën


Chrysler CCV

CCV, cette dénomination était un clin d'oeil à la Citroën 2 CV. Son géniteur, François Castaing, ancien vice président de Chrysler, ne s'en était pas caché. D'ailleurs, la CCV préentée en 1996 était équipée comme son illustre aînée d'un bicylindre, d'un toit en toile, et d'une levier de vitesse au tableau de bord.

Le terme CCV pouvait avoir deux lectures. Initialement, il fallait lire " China Concept Vehicle ". Un an plus tard, il s'agissait de " Composite Concept Vehicle ". L'idée de base était de construire une automobile économique en utilisant un matériaux composite issu du recyclage des bouteilles en plastique qui polluent la planète. La fabrication de l'auto aurait été simplifiée au maximum, grâce à un nombre très limité de pièces de carrosserie, teintées dans la masse.

Son poids était de 550 kg. Elle était constituée de 1100 pièces (contre 4000 environ pour une automobile standard), et la chaîne d'assemblage aurait été d'une extrême simplicité. Ce projet ne connut pas de suite au niveau industriel, ni dans les pays émergents, ni dans les pays plus développés pourtant très attentifs depuis peu à ce type de concept néo rétro.


Ligier Dué

Après s'être distingué dans le rugby, Guy Ligier accrochait à son palmarès sportif les titres de Champion de France Moto 1959 et 1960. En 1966, il devenait pilote de Formule 1, avant de fonder deux ans plus tard sa propre écurie de Formule 2 en association avec Jo_Schlesser. En 1976, Ligier créait une équipe de Formule 1. Au cours de ses vingt années d'existence et de ses 326 participations à des grands prix, l'équipe Ligier remportait neuf victoires et une place de deuxième au classement des constructeurs en 1980. C'est cette même année que Ligier abordait le marché de la voiture sans permis

Au début du 3ème millénaire, Ligier était déjà une entreprise prospère sur le marché de la petite voiture, avec plus de 7000 unités produites annuellement et prêt de 25 % de part de marché en France. Grâce à une bonne assise financière, la marque était capable de développer de nouveaux concepts dans son domaine de prédilection. C'est dans ce cadre que fut présenté le prototype de la Dué au Mondial de l'Automobile en 1998. Son dessin était l'oeuvre de Robert Opron , responsable du style chez Citroën jusqu'en 1975, puis chez Renault de 1975 à 1985. Opron travaillait pour Ligier en tant que consultant.

La Dué se distinguait par son toit ouvrant à la manière d'une boîte à sardine, ses lignes rondes, son capot moteur, son pare brise plat et ses aménagements intérieurs - sièges, tableau de bord ... - inspirés de la Citroën 2 CV. Cette voiture urbaine de 2,60 mètres était capable d'atteindre 100 km/h. Elle demeura au stade de concept car.


Nissan S Cargo

Nissan créait entre 1985 et 1991 quatre séries limitées destinées principalement au marché japonais : la BE-1, la Pao, l'S Cargo et la Figaro. Quelques exemplaires furent exportés, notamment vers la Grande Bretagne. Ces voitures inédites à mécanique Micra exploitaient le récent engouement des japonais pour les véhicules de style néo rétro. Les rondeurs de la S Cargo de 1989 rappelaient celles de la Citroën 2 CV. Ce petit van ne comportait que deux places assises. Son imposant panneau latéral constituait un support publicitaire tout à fait original .


La S Cargo s'inspirait de la Fourgonnette Citroën

Quesako - Similitude - Sommaire du site