Ferrari Dino 308 GT4 - Lamborghini Urraco - Sbarro Stash


Nous sommes ici en présence de trois voitures de grand tourisme 2 + 2, italiennes ou presque (Sbarro, installé en Suisse, est italien de naissance), apparues durant la première moitié des années 70. Si par le détail elles diffèrent, dans l'esprit elles se ressemblent.


Ferrari Dino

La Dino 308 GT4 est bien connue comme étant la seule Ferrari de " série " dessinée par Bertone. C'était la première fois depuis 1953 qu'une Ferrari n'était pas l'oeuvre de Pininfarina.


Ferrari Dino 308 GT4

Destinée à remplacer la 246 GT, elle était surtout connue sous le nom de Dino. A ses débuts, elle ne portait comme son aînée aucun sigle Ferrari sur la carrosserie. Le 30 de 308 faisait référence aux 3 litres de cylindrée, le 8 au nombre de cylindres et le 4 de GT4 aux nombre d'arbres à cames et non pas au nombre de places assises comme on aurait pu le supposer.

La 308 GT4 fut présentée au Salon de Paris en octobre 1973. Son nouveau V8 en alliage de 250 ch était disposé transversalement, et contrairement aux Dino précédentes, il était fabriqué à Maranello. Il allait d'ailleurs connaître une carrière très honorable sur la 308 GTB et ses dérivés.

Le cahier des charges prévoyait de loger quatre places avec un moteur central et un empattement de 2,55 mètres. Bertone proposait une voiture à l'avant très plongeant, avec un pare-brise peu galbé presque dans la continuité de la ligne du capot. Le toit était plat, et vu de profil l'arrière plongeait selon une trait droit jusqu'à un pan vertical. Cette ligne anguleuse et bien trop sage ne déchaîna pas les foules. Nous étions bien éloigné des lignes sensuelles de la 246 GT. La position de conduite avancée laissait une vaste espace aux passagers.


Ferrari Dino 308 GT4

Au Salon de Turin en novembre 1975, Ferrari commercialisait une Dino 208 GT4, une version à moteur 2 litres pour le marché italien qui taxait alors lourdement les voitures qui dépassaient cette cylindrée. La puissance annoncée était alors de 170 ch. A la fin de l'années 1976, les Dino devenaient des Ferrari à part entière, mettant là un terme à une certaine hypocrisie. Désormais, le sigle du cheval cabré remplaçait le sigle Dino. Ce nouveau baptême permettait de redynamiser les ventes, notamment aux Etats Unis.

La 308 GT4 et la 308 GTB de Pininfarina étaient à la fin des années 70 les seules Ferrari homologuées sur le sol américain. L'amateur de catalogues publicitaires aura noté cette particularité. En effet, quelques " vrais " catalogues spécifiques (c'est à dire avec une référence d'édition spécifique) furent imprimés pour le marché US. Le modèle disparaissait du catalogue en 1980 après que 2826 voitures furent produites, auxquelles il convient d'ajouter 40 exemplaires du modèle 208 GT4.


Ferrari Dino 308 GT4


Farus, société implantée à Contagem au Brésil, fabriquait à partir de milieu des années 80 la Beta. Ce coupé 2 + 2 habillé d'une robe en fibre de verre était disponible en coupé ou en cabriolet. Les mécaniques étaient d'origine Chevrolet, Chrysler, Volkswagen et Fiat. La comparaison avec les lignes de la Dino s'impose.


Farus et Ferrari Dino 308 GT4


Ferrari avait retenu la proposition de Bertone pour la 308 GT4, mais celle ci ne fut jamais commercialisée en version ouverte, comme le fut quelques années plus tôt la 246 avec la version GTS. Le carrossier italien laissa alors libre court à l'imagination de ses équipes qui dessinèrent la Rainbow. Celle ci fut présentée au Salon de Turin en novembre 1976. En aucun cas il ne fut envisagé de production en série. Cette voiture adoptait une silhouette en coin, faite de lignes tendues, à cent lieux de la 246 GTS.


Bertone Rainbow

Un astucieux système permettait de faire coulisser le toit derrière les sièges, ce qui a valu à ce concept car son nom, traduction de l'arc en ciel en anglais. Au petit jeu des similitudes, la Rainbow avait des airs de grosse Fiat X 1/9 (présentée à Turin en 1972 par le même Bertone).


Lamborghini Urraco


Lamborghini Urraco

L'Urraco P 250 (P pour postériore ou moteur arrière, 250 pour 2500 cm3) répondait au souhait de Ferrucio Lamborghini de proposer une voiture de sport plus abordable que la Miura. Elle était équipée d'un V8 de 2463 cm3 et 220ch, alors que jusque là toutes les Lamborghini avaient été motorisées par des V12.

Lors de sa présentation en 1970, l'Urraco venait marcher sur les plates bandes de la Ferrari 246 GT. Par rapport à sa rivale, elle proposait un V8 à la place d'un V6 d'origine " populaire ", deux places supplémentaires, et un dessin plus moderne signé par la carrozzeria Bertone. Son style était en particulier le fruit du travail de Marcello Gandini. De part la présence d'un capot avant court et d'un empattement long, le designer italien ne faisait pas grand mystère de l'implantation d'un moteur central. La commercialisation effective de la 308 GT4 débutait au cours du second semestre 1972.

L'autre voiture à atteindre commercialement était la Porsche 911, qui régnait alors magistralement sur le marché des sportives dites " abordables ". Mais Lamborghini de disposait pas des moyens industriels de son concurrent allemand, et l'image de fiabilité des voitures de Sant'Agata restait encore à parfaire. Les habitués avaient du mal à la considérer comme une vrai Lamborghini. Ferrari, dans des circonstances analogues, avait préféré baptiser son modèle " d'appel " du nom de Dino.


Source : Car magazine, juillet 1973, comparatif Carrera RS et Lamborghini Urraco

De plus, la marque italienne rentrait dans une période trouble de son histoire. L'équilibre financier était instable, et déjà Ferrucio Lamborghini songeait à passer la main. Ce contexte difficile était aussi à la source de délais de livraison trop longs et d'une qualité de fabrication qui finit par lasser nombre de clients potentiels.


Lamborghini Urraco

Pour ranimer l'intérêt des clients, Lamborghini proposa à partir du Salon de Turin 1974 une version P 300, dont la V8 avait vu sa cylindrée portée à 2996 cm3 et sa puissance à 265 ch. Comme Ferrari à la même époque avec sa 208 GT4, l'usine de Sant'Agata commercialisait également une version 2 litres pour le marché italien, la P 200, taxée à 13 % au lieu de 30 %. Il fut produit 520 Urraco P 250 de 1972 à 1976, 190 Urraco P 300 de 1974 à 1979, et 66 Urraco P200. A la demande du Service des Mines, les modèles importés en France étaient privés des jalousies sur la lunette arrière. Le châssis et la mécanique de l'Urraco furent réutilisés à moindre frais pour concevoir la Silhouette, une version targa de l'Urraco exposée au Salon de Genève en mars 1976, ainsi que la Jalpa qui lui succéda.


Lamborghini Silhouette


La Lamborghini Urraco était dotée de jalousies sur la lunette arrière. Mais avant Lamborghini, la Chevrolet Corvette Mako Shark II de 1965 dessinée sous la responsabilité de Bill Mitchell, et plus loin encore dans le temps le prototype de Jean Pierre Wimille exposé en 1948 en étaient déjà équipés.


Lamborghini Urraco, Chevrolet Corvette Mako Shark II 1965 et Wimille 1948.


Sbarro Stash

Sbarro présentait la Stash au Salon de Genève 1974. Avec cette automobile sportive et luxueuse, il prouvait qu'il était capable de produire autre chose que des répliques, d'aussi bonne qualité soient elles (BMW 328, Lola, etc ...). Comme la Dino 308 GT4 ou l'Urraco, il s'agissait d'un coupé 2 + 2, disponible dans le cas présent en coupé ou en cabriolet de type Targa. Le client pouvait choisir sa mécanique, essentiellement parmi les productions de Volkswagen, BMW, ou Mercedes. Il était ainsi possible d'équiper la Stash du mythique V8 de 6.9 litres de la Mercedes 450 SEL.

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