Auburn Speedster 851 - Buick Y Job
Buick Riviera 1971 - Chevrolet Corvette 1963


Auburn Speedster 851

La marque Auburn fut fondée en 1900, dans la ville d'Auburn dans l'Indiana, par Frank et Morris Eckhart. Ceux ci prenaient la suite de l'affaire créée par leur père, ancien charron chez Studebaker. Après avoir conçu plusieurs prototypes, les deux frères débutaient la production de véhicules motorisés en 1903, avec un modèle monocylindrique à deux places et transmission par chaînes. Après une montée en gamme régulière, l'entrepri-se était vendue en 1919 à un groupe d'entrepreneurs de Chicago, dirigé par R. Band. Morris Eckhart conservait le poste de président.

En 1924, Erret Lobban Cord rejoignait la société en tant que vendeur. La firme avait commercialisé cette année là 2474 voitures. Il s'attaqua au stock d'invendus, puis parvint à convaincre le propriétaire des lieux de proposer des Auburn avec des couleurs plus vives, plus attrayantes, afin de séduire une clientèle de plus en plus exigeante. Erret Lobban Cord accédait rapidement au sommet de la hiérarchie dans l'entreprise.

En 1926, l'ancien propriétaire, R. Band, cédait son affaire au jeune (32 ans) mais ambitieux Erret Lobban Cord. Celui ci intégrait rapidement cette marque au groupe qu'il était en train de constituer après le rachat de Duesenberg cette même année. La marque Cord pour sa part était créée en 1929, et ses modèles étaient dans une tranche de prix située à mi chemin entre ceux des Auburn et des Duesenberg. La marque Auburn était à son apogée au début des années 30. Les ventes atteignaient 32 000 voitures en 1931.

Le Speedster 851, l'un des modèles de la gamme, contribua largement à la renommée de Auburn. Présenté en janvier 1935, il fut dessiné par Gordon Buehring qui avait rejoint le groupe Cord en 1933. Ce styliste était alors devenu le responsable du style pour les trois marques du groupe.

Erret Lobban Cord s'exilait en Grande Bretagne dans le courant de cette année 1934 afin de fuir des problèmes personnels aux Etats Unis. Mais une équipe réduite de quelques fidèles lieutenants continuaient de piloter l'affaire.

Pour le Speedster 851, la mission de Buehring était claire : afin de limiter les coûts de développement, concevoir en un temps record une nouvelle voiture en réutilisant un maximum d'éléments du Speedster V12, le modèle qui avait mis Auburn dans une situation financière difficile. Il restait aussi d'importants stocks de pièces de cette voiture à écouler.

La nouvelle venue se caractérisait par sa calandre et son pare-brise inclinés, ses garde-boue profilés, et surtout un arrière qui se terminait en pointe. Les sorties d'échappement étaient positionnées sur le côté gauche du capot. L'installation d'un compresseur sur la version Super Charged permettait de faire progresser la puissance à 150 ch. Environ 500 Speedster 851 furent fabriqués.

Les ventes du Speedster 851 ne furent pas suffisantes pour maintenir l'équilibre financier de l'entreprise, qui suspendait toute production en mai 1936, un an avant la cessation d'activité de Cord et de Duesenberg. Erret Lobban Cord vendait toutes ses actions. Le nouvel actionnaire d'Auburn allait désormais se concentrer sur la production de pièces pour systèmes d'air conditionné. Il y eu plusieurs tentatives de reprise de la production après guerre, toutes soldées par des échecs. Le Speedster intéressa rapidement de nombreux fabricants de répliques, qui le proposèrent dans leurs gammes à partir des années 70.


                 

Erret Lobban Cord                                       Harley Earl              


Buick Y Job

La Buick Y Job fut le premier " concept car " moderne américain, dans le sens qui est donné à ce type de véhicule de nos jours. C'était une voiture non destinée à une production en série, d'un niveau de gamme élevé, attachée à une marque bien connue, et qui réunissait de nombreuses innovations techniques et esthétiques qui furent reproduites sur des modèles de série les années suivantes.


  Harley Earl  au volant de la Buick Y Job

Sa naissance en 1937 était due à la volonté de Harley Earl, alors patron du style de la toute puissante General Motors, d'étudier la faisabilité technique d'une voiture de rêve. D'ailleurs, l'intéressé l'utilisa en temps que voiture personnelle à partir de 1940. La Y Job était longue (6 mètres) et basse. Elle était conçue sur un châssis de série surbaissé et dotée de roues de 13 pouces, de dimensions inférieures à ce qui était l'usage alors. Elle adoptait l'arrière de type boattail, déjà vu sur l'Auburn, puis repris plus tard par la Corvette de 1963 et la Riviera de 1970.


Buick Riviera 1971


Buick Riviera, 1971

William  (Bill) Mitchell est né en 1902 à Cleveland. Il se fit remarquer très tôt par Harley Earl, patron du style de la General Motors. En 1924, Bill Mitchell devenait responsable du design de la division Cadillac. Il contribua à rajeunir l'aspect des voitures de la marque de prestige de la General Motors, en supprimant les marchepieds et les calandres verticales, en adoptant des flancs lisses et des surfaces vitrées plus généreuses, ...

Si Earl fut le maître incontesté des débauches stylistiques de la General Motors durant les années 50, Bill Mitchell qui lui succédait en 1959 visait un design plus sobre. Il était devenu nécessaire de sortir de l'impasse de la surenchère des fifties. La Corvette allait lui permettre d'exprimer ses talents, à travers divers prototypes et évolutions du modèle de série. Les Chevrolet Corvair et Camaro des années 60 aux dessins d'une grande pureté furent aussi dessinées sous sa responsabilité.

C'est sur la Buick Riviera que le designer eu l'occasion de s'exprimer pleinement. Le projet initial d'une " Personnal car " émanait de la division Cadillac. Il y était référencé sous le code XP-715, mais il fut finalement abandonné par la marque de prestige de la General Motors. Repris sous la marque Buick, il donna naissance à la première génération de Riviera en 1963.


Buick Riviera, 1971

La troisième génération de Riviera - si l'on fait abstraction de la Riviera des années 50 -  était présentée en 1970. Elle fut dessinée par Jerry Hirshberg (qui prit plus tard la direction du design chez Nissan), sous la direction de Bill Mitchell. Elle se caractérisait par une ligne de ceinture très incurvée et un arrière en étrave de bateau (boattail), à l'image de l'Auburn Speedster des années 30. Disponible au catalogue Buick sous cette forme de 1971 à 1973, la Riviera était de nouveau restylée pour 1974. Sur ces trois années, les chiffres de production furent respectivement de 33810, 33728 et 34080 unités.

Le patron du design de la General Motors supervisa le style de deux autres " Personnal Car ", la Cadillac Eldorado et l'Oldsmobile Toronado. A la fin de sa carrière, il intervint notamment sur le dessin de la seconde génération de Cadillac Séville.


Chevrolet Corvette 1963

La Corvette de 1963 constituait le premier renouvellement complet de ce modèle né en 1953, et inaugurait ainsi la version C2. Les dimensions générales étaient légèrement réduites. De nombreuses améliorations techniques furent introduites : nouveau châssis, nouveau freinage plus efficace, suspension arrière indépendante, etc ...

Le style de la Corvette 1963 était aussi inédit. Il s'agissait d'un habile mélange entre des lignes courbes et des arrêtes vives. L'habituel roadster était secondé par un coupé dont la vitre arrière en pointe (selon un principe déjà vu sur l'Auburn Speedster 851, la Buick Y Job et la Riviera de 1971) était divisée par une fine épine dorsale constituée d'un pli de tôle. Cette division de la vitre arrière fut à l'origine de pas mal de controverses, et ne demeura au programme que sur le modèle 1963, ce qui en fait tout son intérêt auprès des collectionneurs de nos jours. L'adoption de phares rétractables judicieusement intégrés à la face avant la Corvette était une autre originalité du nouveau modèle.

La Corvette de 1963 remporta un réel succès auprès du public. Les ventes augmentèrent de 50 % par rapport au millésime précédent, et pour la première fois depuis longtemps, la division sportive de la General Motors devait faire patienter ses clients avant de les livrer.

La Corvette C2 évolua d'année en année vers un style de plus en plus dépouillé, mais avec des mécaniques de plus en plus puissantes, jusqu'à 560 ch avec la rare - 20 exemplaires - version L88 de 1967, dotée d'un V8 de 6997 cm3. Sa production fut régulière de 1963 à 1967 : 21 513 voitures en 1963, 22229 en 1964, 23562 en 1965, 22720 en 1966 et 22940 en 1967. Une nouvelle génération, la C3 succédait à la C2 en 1968. La lunette arrière en pointe disparaissait avec la C2.

 


La Corvette Sting Ray de 1963 adoptait en série le principe des phares rétractables présenté vingt et un ans plus tôt par la De Soto S-10. La production de cette automobile très rare débutait en août 1941, mais fut suspendue dès février 1942, en raison de l'entrée en guerre des Etats Unis.

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