Packard 1955 - ZIL 111


Packard 1955

La lecture du sujet consacré à Packard vous permettra de mieux situer le contexte dans lequel évoluait alors ce constructeur.


ZIS 111 1957

Aux Etats Unis, Packard avait présenté en 1955 une nouvelle série de modèles, avec une carrosserie inédite et un tout nouveau moteur V8, le premier dans l'histoire de la marque. Le groupe Studebaker Packard récemment créé de la fusion des deux marques faisait alors face à une grave crise, avec des ventes en berne.

En URSS, Staline mourrait en 1953. Kroutchev prenait le pouvoir tout en remettant en cause le système mis en place par son prédécesseur. Lors de la déstalinisation, les portraits de Staline disparurent, Stalingrad fut rebaptisée  Volgograd, et ZIS se transforma en ZIL (Zavod Imeni Likhacheva). Lihacheva faisait référence à Ivan Alekseevich Likhacheva, ancien directeur de l'usine pendant 22 ans, et un des pionniers de la construction automobile en union soviétique.

Au début de la seconde moitié des années 50,  les soviétiques ressentirent le besoin de re-nouveler leur voiture d'apparat. Le nouveau modèle, la ZIS 111 fut dévoilé en 1957. Elle s'inspirait sans ambiguïté de la Packard 1955. Le contexte dans lequel les outillages Packard migrèrent vers l'URSS demeure assez mystérieux. Packard était financièrement à bout de souffle. Les similitudes entre la Packard de 1955 et la ZIL 111 produite régulièrement à partir de 1959 (mais présentée en novembre 1957) ne laisse planer aucun doute concernant un transfert de technologie entre les deux continents.

Comme l'indiquait Griffith Borgeson dans un article consacré à ces automobiles dans le regretté Fanatique de l'Automobile, " le silence des sources soviétiques compétentes est parfaitement imité par leur équivalent américain ".


ZIL 111

La ZIL 111 reprenait les feux arrière cathédrale et le double échappement débouchant dans les pare-chocs arrière. Par contre, les obus des Packard cédaient leur place à des butoirs plus classiques. La décoration latérale était différente. L'empattement de la ZIL était 54 centimètres plus long que celui de la Packard.

Régime soviétique oblige, l'aspect bling bling de la Packard faisait place à une présentation d'ensemble plus austère. Le bleu et le noir étaient les seules teintes disponibles. La ZIL ne perdait pas pour autant un haut niveau d'équipement et un degré de finition élevé. Le V8 de la ZIL ne provenait pas de chez Packard, mais il demeurait d'inspiration très américaine.

Les chiffres de production de ces automobiles de luxe demeurent un mystère. Selon certaines sources, la ZIL 111, tout comme la ZIZ 110 avant elle, était produite à environ une vingtaine d'exemplaires par an. Dans l'univers soviétique, la question de la rentabilité de tels modèles ne semblait pas de poser. Le critère principal était de pouvoir montrer aux autres pays du monde le savoir faire de l'URSS, qui n'avait rien à envier à celui des amé-ricains, et pour cause ! La version 111A était une limousine destinée aux membres du gou-vernement, et adoptait une lunette arrière plus petite, par souci de discrétion pour les passagers. Un cabriolet 111V fit son apparition un peu plus tard.

La ZIL 111 trouva une prolongation sous la forme de la GAZ 13 dévoilée en 1958 à Bruxelles. Celle ci était identique à la ZIL, à l'exception de l'équipement plus limité et de l'empattement plus court. Ce dernier point la faisait se rapprocher des dernières vraies Packard. Le niveau de production atteignait une centaine de voitures par an. La GAZ 13 fut maintenue au programme jusqu'en 1979, procurant ainsi aux ultimes Packard un sursis de près d'un quart de siècle !


ZIL 111

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