BMW 3000 V8 Frua - Monteverdi High Speed 375 S - Dodge Challenger
Maserati Ghibli - Opel Diplomat CD - De Tomaso Zonda


Quatre de ces six voitures (BMW 3000 V8 Frua, Monteverdi High Speed 375 S, Dodge Challenger, Opel Diplomat CD) furent dessinées par Frua. Les lignes de ces GT étaient bien dans l'ère du temps, la seconde partie des années 60, puisque Giorgetto Giugiaro (Maserati Ghibli) et Tom Tjaarda (De Tomaso Zonda), tous deux chez Ghia, s'en inspirèrent.


BMW 3000 V8 Frua

Pietro Frua était déjà l'auteur des lignes du coupé Glas 2600 V8. Celui-ci fut produit durant ses derniers mois sous l'écusson BMW (après le rachat de Glas par BMW) avec un V8 de 3 litres de la firme munichoise. C'est sur la base de ce coupé BMW 3000 V8 que Frua proposa une voiture entièrement nouvelle en 1967, très semblable à la Monteverdi Hight Speed 375 S du même auteur. Ce projet demeura sans suite.


BMW 3000 V8 Frua - Avec l'aimable autorisation de http://www.pietro-frua.de
© Stefan Dierkes (Registro Pietro Frua)


Monteverdi High Speed 375 S Frua


Monteverdi Hight Speed 375 S Frua

Pour bien comprendre la structure de la gamme des Monteverdi 375, il faut considérer deux époques, celle de Frua d'une part, celle de Fissore d'autre part. Les voitures de Fissore sont évoquées dans un autre chapitre. Nous évoquons ici la première période, celle de Frua. Ce carrossier a proposé deux versions, la 375 S et la 375 L. La 375 S, première vraie Grand Tourisme de Monteverdi fut dévoilée le 11 septembre 1967 au Salon de Francfort. Son V8 d'origine Chrysler développait 380 ch en version standard, et 405 ch en version 400 SS. La 375 L, une version 2 + 2 dérivée de la 375 S à deux places, fut quant à elle présentée au Salon de Genève en mars 1968. Elle abandonnait le dessin original pour des lignes plus spacieuses.


Monteverdi Hight Speed 375 S Frua


Monteverdi Hight Speed 375 L Frua


Dodge Challenger 1970 Frua

Cet exemplaire unique fut fabriqué par Frua sur la base d'une Dodge Challenger en 1970. Plus d'informations en langue allemande ici.


Maserati Ghibli

Ghibli est le nom d'un vent chaud et violent soufflant dans le Sahara et en Libye. C'est aussi le nom qui fut attribué à la nouvelle voiture de Grand Tourisme de Maserati présentée au Salon de Turin en 1966. Maserati ne travaillait pas comme Ferrari en exclusivité avec un seul carrossier. La Quattroporte et la Mistral furent dessinées par Frua, la Sebring et la Mexico par Vignale. Pour la Ghibli, le constructeur italien fit appel à Ghia, et à son jeune et talentueux responsable du design, Giorgetto Giugiaro. Celui ci fut en effet salarié de Ghia entre son départ de chez Bertone à la fin de 1965 et les débuts d'Ital Design en 1968.

Ferrari était déjà fidèle à l'époque à Pininfarina, Lamborghini débutait une collaboration avec Bertone, la Ghibli aurait pu constituer le ticket d'entrée d'une coopération durable avec Ghia. Mais à l'exception de l'Indy du même Ghia, les Maserati suivantes furent dessinées par Bertone (Khamsin), Frua (Kyalami) et Ital Design (Bora et Merak). La Ghibli séduisait d'emblée par ses lignes longues, basses et larges. Elle évoquait la puissance, et faisait se retourner les têtes dans la rue. Son dessin " si parfait " ne fut quasiment pas retouché durant sa carrière qui s'étala sur six années. La face avant avec ses phares escamotables et sa calandre large fut reprise sur les Bora et Merak des années 70 du même Giugiaro.

De nombreux clients manifestèrent leur intérêt dès la première présentation publique de la Ghibli, malgré son prix de vente de 106 000 francs (équivalent 117 000 euros), qui en faisait l'une des GT les plus chères du marché. L'assemblage chez Ghia allait désormais bon train. Le V8 Maserati de 4719 cm3 développait 315 ch. Le Spyder complétait la gamme à partir du Salon de Turin 1968. Une autre version dénommée Ghibli SS était disponible à partir de 1970. Sa cylindrée était portée à 4 930 cm3 et sa puissance à 335 ch.

Il fut produit 1 149 coupés et 125 Spyder jusqu'au début de l'année 1973. La succession était assurée par la Khamsin à partir du Salon de Genève 1973. Celle-ci portait le nom d'un autre vent de sable en Egypte. La Ghibli demeure encore de nos jours aux yeux de nombreux passionnés de la marque au trident la plus emblématique des Maserati.


Opel Diplomat CD

L'allemand Erich Bitter fut tout d'abord pilote de course, puis importateur de voitures italiennes (Abarth et Intermeccanica), avant de lancer ses propres productions. Il réussissait au cours des années 70 et 80 à se faire un nom parmi les constructeurs d'outre Rhin, en proposant des réalisations inspirées des carrossiers transalpins, dotées de mécaniques Opel. Mais revenons en 1969. A la demande de Bob Lutz, patron d'Opel, Pietro Frua étudiait cette année là le concept car " Styling CD " pour le Salon de Francfort. Celui-ci avait pour base un châssis raccourci de la berline Diplomat.


Concept Car Opel Stlying CD

En raison des investissements qu'auraient induit l'industrialisation d'un coupé de ce type, le projet fut abandonné par la filiale allemande de la GM. C'était sans compter sur la persévérance de Frua, qui présentait en 1970 une nouvelle version plus aboutie et plus réaliste. Cette dernière semblait s'inspirer des Maserati Ghibli ou Monteverdi 375 S déjà dessinées par Frua, avec son long capot avant, ses lignes tendues et son habitacle reculé. 


La nouvelle Styling CD, version plus aboutie présentée en 1970

Eric Bitter, désireux de construire une voiture à son nom, et après avoir réussi à convaincre Opel du sérieux de sa démarche, reprenait à son compte le projet de la Styling CD . Le dessin était de nouveau amélioré avec l'aide du styliste italien Michelotti. Bitter présentait sa première voiture, la CD, sur base Opel Diplomat, au Salon de Francfort en 1973. Faute d'un outil industriel adapté et de moyens financiers suffisants pour créer sa propre usine, la production était assurée par Baur de Stuttgart qui en construisit 369 exemplaires de 1974 à 1977.


Bitter CD


De Tomaso Zonda

Né à Buenos Aires en 1928, Alejandro De Tomaso a mené sa carrière en Italie où il débuta comme pilote de course sur des automobiles Osca. En 1959, il fondait à Modène la marque portant son nom, qu'il destinait à la production de voitures de sport. A ses débuts, De Tomaso fabriquait des monoplaces de Formule Junior, Formule 2 et Formule 1. Le premier modèle de tourisme proposé en petite série - 56 exemplaires - fut en 1965 le coupé Vallelunga à moteur Ford 1500. Les premiers contacts entre De Tomaso et Ghia remontent à cette époque. En effet, Ghia assurait la production de la Vallelunga. 

En 1967, le carrossier Ghia devenait la propriété de la famille De Tomaso. C'est Alejandro De Tomaso qui en assurait désormais la présidence. En 1969, Ford rachetait Ghia à De Tomaso, et prenait une participation de 80 % au capital de De Tomaso. Tom Tjaarda, né en 1934, intégrait la carrosserie Ghia en 1959, qu'il quittait en 1961 pour rejoindre Pininfarina où il gagna en expérience et en maturité. En 1968, il revenait chez Ghia où il reprenait la direction du bureau de style, après le départ de Giugiaro. Il quittait Ghia en 1974.

C'est en 1971 que Tom Tjaarda présentait au Salon de Genève le prototype de la Zonda, équipé d'un V8 Ford de 5765 cm3 et 350 ch. L'objectif affiché par De Tomaso était initialement de vendre la Zonda uniquement en Europe. Il était prévu de la produire à 500 unités par an, et de la proposer à un tarif plus compétitif que les modèles équivalents chez Ferrari ou Maserati, plus sophistiqués.

Le projet ne fut hélas jamais approuvé par Ford (motoriste et actionnaire). La Zonda demeura au stade de prototype unique.


Franck Reisner, autrichien installé en Italie, débutait la production automobile en 1960. Sa firme était baptisée Intermeccanica en 1963, et on lui doit en plus de 40 ans de carrière de très nombreuses créations, dont l'Indra présentée dans cette version coupé fastback au Salon de Genève en mars 1973. Le dessin de la carrosserie était l'oeuvre de Franco Scaglione, et la voiture était dotée d'une mécanique Opel Diplomat (comme la Bitter !). La calandre et le capot avant de l'Indra présentaient quelques similitudes avec la Maserati Ghibli.


Indra et Maserati Ghibli

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