De Tomaso Longchamp - Maserati Kyalami


De Tomaso Longchamp

1. Une 2 + 2 pour élargir l'offre

Au début des années 70, Alejandro De Tomaso souhaita élargir sa gamme de voitures de sport, en proposant une version 2 + 2 en complément de la très sportive Pantera et de la berline Deauville. C'est ainsi que voyait le jour au salon de Turin de 1972 la Longchamp. Son nom faisait référence à un célèbre champ de course parisien.

Son design était sobre avec une carrosserie trois volumes très classique. Les passagers arrière étaient installés dans de vrais sièges de type baquet. Le luxe était omniprésent à bord : vitres teintées, stores, air conditionné, fermeture des portes électromagnétique, etc ...

Le modèle évoluait dans une version GTS en 1980 après quelques améliorations techniques et cosmétiques. Comme d'usage chez De Tomaso, la Longchamp était motorisée par un gros V8 Ford USA. Sa production cessait en 1989 après que 395 coupés et 14 spyders furent fabriqués.


De Tomaso Longchamp

2. Une histoire chaotique

L'histoire de De Tomaso est riche en rebondissements depuis le début des années 70. En 1973, De Tomaso se portait acquéreur de Moto Guzzi et de Benelli. En 1974, les accords entre Ford et le constructeur italien étaient suspendus. Ceux ci permettaient à De Tomaso de vendre sa Pantera aux Etats Unis via le réseau Lincoln Mercury. En 1975, Citroën, en proie à de sérieuses difficultés, cédait Maserati à De Tomaso. En 1977, De Tomaso achetait la marque Innocenti à la British Leyland.

La Guara, nouvelle De Tomaso depuis longtemps, était dévoilée au salon de Genève en 1993. La production de la Pantera cessait en 1995 après que 7260 voitures furent fabriquées. Le concept car Bigua à moteur Ford était présenté en 1996. Celui ci passait au stade de la petite série sous le nom de Mangusta à partir de  1999. La Mangusta était distribuée aux USA sous la marque Qvale. Alejandro De Tomaso décédait en mai 2003.


Maserati Kyalami

1. Maserati lâché par Citroën

En 1974, Citroën qui traversait de sérieuses difficultés économiques se rapprochait de Peugeot. Cela permettait notamment aux deux sociétés de concevoir des programmes de développement en commun et de regrouper leurs achats auprès des fournisseurs. Ainsi allait se former la nouvelle entité PSA.

Maserati que Citroën avait racheté en 1968 ne faisait plus partie des priorités du moment. La chaîne de montage de la Citroën SM - qui était équipée d'une mécanique Maserati - était transférée chez Ligier. En pleine tourmente, l'état major de Citroën se souciait peu du sort du constructeur italien au passé si prestigieux.

Le 23 mai 1975, un communiqué de Citroën annonçait la mise en liquidation judiciaire de Maserati. La réaction des parties intéressées (les 800 employés, les syndicats, la ville de Modène, des associations diverses ...) eu pour conséquence une intervention du gouvernement qui obtint un nouveau sursis de six mois.

L'entreprise fut sauvée par l'action conjointe d'une part d'un organisme d'état dont la vocation était d'aider les entreprises en difficultés, d'autre part d'Alessandro De Tomaso, un argentin bien connu pour ses propres productions automobiles et son passé de pilote sur Maserati. Un accord était signé le 8 août 1975, qui garantissait le maintien en activité de Maserati.

2. La Kyalami, une Longchamp remaniée

C'est dans ce contexte difficile de lent redémarrage des affaires qu'était présentée la Maserati Kyalami au salon de Genève en mars 1976. Il ne s'agissait en fait que d'une De Tomaso Longchamp habilement remaniée par Frua. L'arrière était retouché et la face avant dotée de quatre projecteurs. Ce " nouveau " modèle permettait de donner un coup de pouce aux ventes de Maserati, tout en agissant vite, sans trop investir dans de nouvelles études.

Kyalami était un circuit Sud Africain de Formule 1, sur lequel une Cooper Maserati pilotée par Pedro Rodriguez avait remporté la dernière victoire en Grand Prix de l'histoire de Maserati, le 2 janvier 1967.


Maserati Kyalami

3. Boudée par la clientèle

La Kyalami abandonnait le rustique V8 Ford pour une mécanique italienne plus noble, à la hauteur de son rang. Cependant, les clients ne se précipitèrent pas sur la nouvelle Maserati, plus perçue comme un habile assemblage hétéroclite que comme un véritable pur sang italien. Paradoxalement, la De Tomaso Longchamp eu une carrière plus longue que la Maserati Kyalami.

Il fut produit 198 exemplaires de la Kyalami jusqu'en 1983. Celle ci s'effaça au profit de la Biturbo, qui allait marquer de son empreinte une curieuse période de transition de 15 ans pour la firme au trident. De Tomaso cédait 49 % du capital de Maserati à Fiat en 1990, puis l'intégralité en 1993.


Maserati Kyalami

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