La vitesse sur route

Pendant longtemps, la vitesse a été considérée comme un signe de progrès avant que des censeurs décident de la diaboliser. Les voitures rapides, hier comme aujourd'hui, ont toujours fasciné les hommes. Et les femmes aussi ! La romancière Françoise Sagan adorait les automobiles rapides. Elle a possédé entre autres une Aston Martin et une Gordini 3 litres 8 cylindres qu'elle conduisait les pieds nus. A l'égard de la vitesse, elle déclarait " ni une provocation, ni un défi, mais un élan de bonheur ! ".


Françoise Sagan

Depuis que l'automobile de série a vu le jour à la fin du 19ème siècle, les constructeurs ont hiérarchisé leur gamme en jouant sur la puissance des moteurs et la vitesse.

Déjà Mercedes

Nous allons beaucoup parler de Mercedes dans les lignes qui suivent. Mais il faut admettre que la marque allemande a toujours proposé au fil du temps des voitures exceptionnelles qui étaient au-dessus de la mêlée. Bien évidemment, nous n'oublierons pas les voitures qui avaient des performances formidables pour leur prix ou pour leur cylindrée selon les époques.

La première voiture de série, c'est-à-dire celle qui pouvait être achetée, à pouvoir frôler la valeur magique de 100 km/h fut certainement la Mercedes Simplex 40 ch de 1902. Ce véhicule qui était très en avance sur son temps avait été commandé par Emile Jellinek, fondateur de la marque Mercedes en 1902, à l'ingénieur en chef de Daimler, Wilhem Maybach. Elle adoptait déjà la forme et la philosophie des voitures modernes avec son radiateur en nid d'abeilles avant, sa colonne de direction inclinée et son châssis séparé et surbaissé en tôle pliée. Cette vitesse obtenue grâce à un 4 cylindres de 6,5 litres était fabuleuse pour l'époque.

La Simplex était proposée à la vente par Jellinek. Il en avait commandé 36 exemplaires à Daimler. Il avait une astuce pour les vendre aux grands de ce monde qui prenaient alors leurs vacances sur la Côte d'Azur, et possédaient évidemment déjà une automobile. Il attendait ses futurs clients dans la montée de la Turbie qu'il connaissait par coeur. Il les doublait au volant de sa voiture avant de les attendre à l'arrivée. A ce moment-là, il tentait de lier conversation au sujet de sa voiture extraordinaire, dont il assurait la distribution. Voici comment il vendait les Daimler rebaptisées par ses soins Mercedes, qui était le prénom de l'une de ses filles. La France ne fut pas très sympathique pour Jellinek en le spoliant de tous ses biens après la guerre de 1918. Maybach quitta Daimler pour Zeppelin, et ce fut Ferdinand Porsche qui se retrouva à la tête du bureau d'études de la Daimler-Benz en 1923.


Mercedes Simplex 40 ch de 1902, version course

Toujours Mercedes

En 1927, peu avant de quitter cette société en désaccord avec les nouveaux actionnaires issus de Benz, Porsche dévoila la première Mercedes de la lignée des " S " qui fut certainement la voiture la plus rapide de son temps, puisqu'elle dépassait déjà les 160 km/h. Certes, des voitures de sport compétition client, style Bugatti ou Alfa Romeo, atteignaient cette allure folle, mais il s'agissait de voitures de course civilisées alors que la Mercedes était une voiture de série, chère, très chère, mais cossue et confortable.


Mercedes SS, version tourisme

Cette vitesse était obtenue par un puissant moteur 6,8 litres gavé par un compresseur Roots donnant la fabuleuse puissance de 160 ch. Néanmoins, à cette allure folle ce monstre exigeait de véritables aptitudes de pilote pour le maîtriser. Au fil de sa carrière, la voiture évolua dans des versions de plus en plus poussées de type SSKL données pour plus de 230 km/h grâce à une puissance portée à 300 ch. Elle a permis à Mercedes de remporter un nombre incroyable de course en version compétition.

Bentley s'était également spécialisé dans la voiture sportive rapide. En 1924, la Bentley 4 cylindres 3 litres dépassait déjà les 140 km/h, vitesse qui fut portée à 160 km/h sur la version 4,5 litres, dont la puissance grimpa à 160 ch avec un compresseur, qui permettait à la voiture au B ailée de friser les 180 km/h à la fin des années 20. La version " Speed Six " à moteur 6 cylindres de 6,5 litres atmosphérique de plus de 170 ch apparue en 1929 frisait pratiquement les magiques 200 km/h. Ces années-là, les Bentley imbattables s'adjugèrent cinq fois les 24 Heures du Mans. Ces voitures qui étaient vendues une petite fortune s'adressaient surtout aux gentlemen pilotes qui avaient le courage de maîtriser ces monstres de deux tonnes très difficiles à conduire et physiquement épuisants. Ettore Bugatti, agacé par ces victoires, déclarait que la Bentley était le camion le plus rapide du monde. Mais quel beau camion !


Bentley Speed Six au Mans en 1928

Les Américains à leur tour se lancèrent dans la voiture à hautes performances, afin de combattre les Hispano Suiza et autres Isotta Fraschini. Les trois frères Duesenberg d'origine allemande fabriquaient près d'Indianapolis en petite série de puissantes voitures de grand luxe. Ils lancèrent en 1932 une version aux performances extraordinaires nommée SJ pour Supercharged dérivée du modèle J développant déjà la bagatelle de 265 ch. La SJ était animée par un colossal huit cylindres en ligne à compresseur avouant la puissance surréaliste pour l'époque de 320 ch. Le version de 1935 était vendue pour la vitesse incroyable de 207 km/h. Une version modifiée tourna même à 244 km/h de moyenne en 1935. Vendue une somme colossale, la SJ produite seulement à quelques dizaines d'exemplaires attira quelques grands de ce monde, des princes, des rois, des maharajas et quelques stars de l'écran comme Gary Cooper et Clark Gable.


Clark Gable et sa Duesenberg SJ

100 pour 100 miles à l'heure

A cette époque, la vitesse était un formidable argument de vente, d'où le succès des records de vitesse sur piste. Jaguar qui s'appelait encore SS Cars Ltd se fit connaître en proposant sa SS 100 en 1935. Celle-ci devait son nom à sa vitesse puisqu'elle atteignait 100 miles par heure soit 160 km/h grâce aux 125 ch de son moteur 3,5 litres, ce qui était fantastique pour l'époque où peu de voitures de grande série étaient capables des 100 km/h. La SS 100 était vendue à un prix extraordinairement bas pour ses performances hors du commun et son physique flatteur.


Jaguar SS 100

Déjà de nombreux constructeurs européens s'étaient spécialisés dans les voitures sportives, comme Alfa Romeo dont la petite C6 1750 frisait les 150 km/h en 1929, une vitesse remarquable vu la faible cylindrée de son moteur 6 cylindres à compresseur délivrant la puissance de 85 ch. BMW n'était pas en reste avec sa rapide 328 2 litres. Son 6 cylindres en ligne développait lui aussi 85 ch, ce qui permettait à la BMW de pointer le double haricot de sa calandre à 160 km/h en 1937, et même à 180 km/h pour les versions usine affûtées à 100 ch, et encore davantage pour ses modèles profilés. Evidemment, comme toutes les voitures d'exception, la BMW 328 était vendue une petite fortune, ce qui limita sa carrière commerciale à 464 exemplaires.


BMW 328

180 km/h en 1938

Et en France ? Les grandes marques de prestige comme Delage et surtout Delahaye proposaient des voitures rapides roulant à 150 km/h, et même plus pour la Bugatti 57 C animée par un 8 cylindres en ligne de 3,3 litres à compresseur poussé à 160 ch qui lui permettait de débouler à 170 km/h.

Mais c'était surtout Talbot sous la houlette d'Anthony Lago qui avait choisi de s'orienter vers les voitures plus sportives. La plus emblématique de la lignée de ces 4 litres reste l'étonnante Lago T155 SS à carrosserie profilée réalisée par Figoni et Falaschi qui était hors de prix, puisque le châssis nu était vendu plus de 100 000 francs de 1938, alors que le haut de gamme Citroën, la nouvelle Traction 15 Six, coûtait 35 000 francs. Cette Talbot SS qui n'était pas une voiture de course bien qu'elle ait participé plusieurs fois aux 24 Heures du Mans dépassait 180 km/h, grâce aux 170 ch de son 6 cylindres de 4 litres. Imaginez-vous un instant ce que ça pouvait représenter de rouler à cette allure sur les routes étriquées et bombées de l'époque avec une telle voiture doublant les Simca 5 lancées à 75 km/h ou Rosalie tutoyant les 90 km/h, et pas mal de chicanes mobiles genre véhicules hippomobiles !


Talbot Lago T 155 SS Figoni & Falaschi

La fin de Talbot

Le conflit de 1935/45 brisa cette course à la vitesse et surtout redistribua les richesses. Les nantis des années d'après-guerre n'étaient plus les mêmes que ceux des années 30. La conjoncture économique et le manque de matières premières, notamment d'essence, favorisait les petites cylindrées. Pour faire rentrer des devises, le gouvernement facilita l'exportation des voitures de luxe, notamment aux USA où le pouvoir d'achat était supérieur. Ce pays très amateur de voitures rapides fut grand consommateur de Jaguar, MG et Austin Healey, et même de Talbot. Hélas, toutes les marques françaises de prestige disparurent au début des années 50. Néanmoins, Talbot qui agonisait depuis 1948 tenta en vain un dernier baroud en 1954 en lançant la plus rapide des voitures françaises, le coupé Lago Grand Sport.


Talbot Lago Grand Sport

Habillée d'une carrosserie moderne et plus aérodynamique que les précédentes Talbot, la Grand Sort filait à 190 km/h. Elle était toujours animée par le 4,5 litre 6 cylindres poussé à 190 ch à l'aide de trois carburateurs, mécanique très proche de celle de la voiture qui s'était imposée en 1950 au Mans. Très chère et passablement démodée malgré sa robe moderne cachant des dessous d'un autre temps, la Talbot ne connut pas le succès. Il est vrai qu'entre-temps, Jaguar avait présenté sa formidable XK 120 qui attirait tous les amateurs de voitures sportives.


Jaguar XK 120

Facel, déjà 230 km/h en 1958

Ces années-là, la plus véloce des voitures de série françaises était toujours la Traction 15 Six qui frôlait les 135 km/h et bien davantage au compteur, la Renault Frégate et la Vedette tutoyant les 130 km/h. Ford s'attribua peu de temps de leadership du véhicule de série le plus rapide du marché en dévoilant fin 1953 sa Vendôme et son coupé Comète Monte Carlo. Pour ce faire, le constructeur glissa sous le capot de sa berline Vedette et de son coupé Comète en lieu et place de l'ancien V8 de 2,2 litres de 74 ch SAE le gros V8 4 litres des camions Cargo. Ce bloc tout aussi antique délivrait 95 ch sur la Vendôme et  105 ch SAE  sous le capot de la Monte Carlo annoncée pour 155 km/h. Malgré un prix raisonnable, la Vendôme rencontra un accueil moyen avec 2900 ventes en 1954. Sa fiscalité de 22 CV, l'ancienneté de sa mécanique gloutonne et finalement pas très agréable à utiliser brisa sa timide carrière commerciale. Après la reprise de Ford par Simca fin 1954, le coupé Monte Carlo réalisé par la société Facel de Jean Daninos fut commercialisé sous la marque Simca jusqu'en juillet 1955.


Ford Comète Monte Carlo

Déjà, dans les formes de la Comète se reconnaissaient les futures Facel Vega qui furent dévoilées au Salon de Paris en 1954. Elles reprenaient le titre des voitures françaises les plus rapides du marché. Cela dit, il ne faudrait pas oublier le coupé Salmson de 1954 dont le 2,3 litres poussé à 105 ch autorisait presque 175 km/h. Las, sa production ne dépassa pas les 200 exemplaires car la marque du Quai du Point du Jour était agonisante.


Salmson 2300 Sport

Animée par un gros V8 américain d'origine Chrysler, la Facel Vega jouait dans la cour des grands puisque dès 1958 la version HK 500 délivrait 360 ch en boîte mécanique obtenus à l'aide des 5,9 litres de son colossal V8 Chrysler Typhoon ! Avec Paul Frère à son volant, ce modèle fut chronométré à 237 km/h sur une autoroute près d'Anvers en octobre 1960. Il s'agissait d'une vitesse vraiment fabuleuse, pourtant déjà atteinte par quelques voitures étrangères du même segment que nous évoquerons plus tard.


Facel Vega HK 500

En 1962, la Facel II à moteur 6,3 litres qui lui succédait était théoriquement capable de filer à 245 km/h en version 390 ch à boîte mécanique. En fin de carrière, certains modèles reçurent un moteur Chrysler V8 6,8 litres développant plus de 400 ch. 

De la SM à l'Alpine

Au début des sixties, hormis les voitures d'exception comme les Facel Vega, les Alpine et les DB Panhard dont les versions les plus affûtées dépassaient à peine les 160 km/h, rares étaient les voitures françaises de série à rouler à plus de 145 km/h. L'apparition de la 404 à injection puis du moteur 83 ch SAE de la DS fit passer ce chiffre à plus de 150 km/h pour atteindre environ 170 km/h fin 1965 quand Citroën dévoila sa DS 21, dont le nouveau 2175 cm3 alignait 100 ch Din. C'est une vitesse qui fit hurler les autophobes qui l'estimaient trop élevée. Petit à petit, la vitesse de pointe des voitures françaises ne fit que s'accroître. Par rapport à l'Allemagne, l'Italie et l'Angleterre qui produisaient depuis longtemps des GT déboulant largement à plus de 200 km/h, la France était un peu à la traîne en matière de voitures rapides.


Citroën DS 21

En 1969, tout s'emballa. Alpine dévoilait au Salon de Paris la Berlinette 1600 S capable de dépasser 210 km/h forte de ses 125 ch Din. La DS 21 avait repris le titre de la berline de série la plus rapide grâce à l'injection qui en portant la puissance de son 2175 cm3 à 125 ch Din revendiquait 190 km/h en pointe. Mais c'est surtout la SM qui pouvait se targuer d'être la voiture de " grande " série le plus rapide puisqu'elle frôlait les 220 km/h sur les autoroutes à la vitesse encore libre en exploitant les 170 ch Din de son V6 2,6 litres d'origine Maserati. Parmi les productions plus marginales, la Ligier JS2 équipée du même moteur dépassait les 240 km/h en version 3 litres à injection. Il en était de même pour la très rare Monica de 1973 animée par un colossal V8 Chrysler de 5,6 litres de 285 ch.


Citroën SM

La crise de l'énergie de fin 1973 ne favorisa pas, on s'en doute, la naissance de voitures puissantes, au contraire, et il fallut attendre les années 80 pour que ces records soient battus. Citroën reprit en 1986 la tête des berlines de série les plus rapides avec la CX 25 GTI Turbo dont les premières moutures riches de 168 ch Din dépassaient 220 km/h, ridiculisant les 205 km/h des Peugeot 505 Turbo de 160 ch Din. La Renault 25 V6 Turbo mit tout le monde d'accord avec ses 225 km/h obtenus à l'aide des 182 ch Din de son 2,5 litres turbocompressé qu'on retrouvait sur la nouvelle Alpine V6 GT Turbo. Poussé à 200 ch Din sur ce nouveau modèle présenté en juillet 1985, ce V6 permettait à l'Alpine de revendiquer le titre de la Française la plus rapide jamais construite puisqu'elle atteignait 250 km/h.


Alpine V6 GT Turbo

Au début des années 90, la lutte continua avec des versions encore plus puissantes comme la Safrane Biturbo, et surtout la Venturi et l'Alpine A610 dont le V6 PRV avait été poussé à plus de 250 ch Din.

120 pour 120 miles

En 1948, en dévoilant sa Jaguar XK 120 au Salon de Londres, William Lyons refaisait le coup de la SS 100 douze ans après. Contre 1000 livres seulement, il proposait un roadster sportif à moteur 6 cylindres de 3,4 litres pouvant rouler à 120 miles à l'heure, soit 192 km/h. Aucun véhicule de ce prix n'offrait alors de telles performances. La voiture fit un tabac aux USA, et devint la référence en matière de voiture de sport. Jusqu'en 1957/58, les Britanniques monopolisaient le marché de la sportive à hautes performances avec Jaguar et Aston Martin, dont la nouvelle DB4 frisait les 230 km/h.


Aston Martin DB4

Cela dit, trois ans plus tôt, Mercedes avait de nouveau mis tout le monde d'accord en dévoilant la 300 SL à portes papillon. En rapports longs, la voiture allemande qui coûtait l'équivalent de dix Renault 4 CV tutoyait les 230 km/h, ce qui à l'époque paraissait surréaliste. Le 3 litres de la voiture allemande développait déjà 240 ch en norme SAE ce qui était tout aussi surréaliste quand on sait que la 4 CV Renault qui était la voiture française la plus vendue n'en annonçait que 21 ! La Mercedes devint la voiture la plus rapide du monde, avant que les Italiens décident de s'approprier ce titre qui faisait rêver.


Mercedes 300 SL

Ferrari contre Lamborghini

Ferrari se lança dans la GT de production avec la 250 GT civilisée et sa série Superamerica puis Superfast à moteur V12 5 litres produite une bonne dizaine d'années, dont les ultimes versions frisant les 400 ch autorisaient en théorie 249 km/h.


Ferrari 400 Superamerica

Son ennemi juré Maserati rétorqua avec un modèle V8 de 5000 cm3 alimenté par injection dont les 370 ch permettaient d'atteindre 270 km/h. On vit d'ailleurs cette mécanique sur quelques prototypes du Mans. S'il s'agissait de GT rapides, ce n'était pas des voitures très sportives, car souvent trop lourdes, comme par exemple l'Iso Griffo alimentée par un V8 Chevrolet Corvette dont les 360 ch SAE permettaient d'atteindre 250 km/h, soit davantage que la plus puissante des Corvette équipée du même moteur.


Maserati 5000 GT

La vitesse théorique des voitures était difficilement vérifiable, car personne, et surtout aucun journaliste, excepté le pilote Paul Frère, ne chronométrait ces vitesses car les autoroutes étaient très rares. L'un des premiers journalistes français à oser ces essais fut José Rosinski, lui aussi ancien pilote, qui tenta de pulvériser le mur des 300 km/h avec une Lamborghini Miura en 1970. Le problème majeur de ces essais était lié à l'aérodynamique des voitures, qui avaient tendance à s'envoler à hautes allures.

La Miura donnée pour 270 km/h mit le feu aux poudres en se révélant autrement plus rapide que la Ferrari 275 GTB/4. En 1968, Ferrari rétorqua avec sa Daytona dont les 352 ch autorisaient 270 km/h, vitesse que la nouvelle version S de la Miura portée à 370 ch dépassait allègrement.


Lamborghini Miura

Vers 400 km/h

En fait, le mur des 300 km/h n'était pas encore atteint pour les GT à l'aube des années 70. La décennie suivante l'autorisa grâce à l'augmentation de la puissance des mécaniques et aux progrès de l'aérodynamique nés de la compétition. La Countach qui succédait à la Miura fut l'un des premières à s'approcher réellement du mur des 300 km/h, avec la Ferrari BB 512 de 1973 riche de 360 ch. Le progrès était en marche.


Ferrari BB 512 i

En 1983, Porsche frappa un grand coup avec sa fabuleuse 959 à quatre roues motrices animée par un flat-six de 2,9 litres dont les deux turbos lui permettaient d'annoncer 450 ch. Cette GT très civilisée à la finition bourgeoise était capable de débouler en toute tranquillité à plus de 311 km/h. Porsche en produisit 283 exemplaires en version route. En 1987, pour fêter les 40 ans de la Scuderia, Ferrari dévoila sa F40 donnée pour 324 km/h. Jaguar rétorqua en 1992 avec sa XK 220, pour 220 miles à l'heure, soit 352 km/h. Lamborghini répondit avec la Diablo capable de 332 km/h.


Jaguar XJ 220

Depuis, nous avons vu apparaître de nombreuses supercars capables de dépasser 350 km/h. Au début des années 2000, les Ferrari Enzo, Lamborghini Murcielago, Edonis, Porsche 996 Ruf et bien d'autres rentraient dans cette catégorie. Mais avant elles, la fantastique Mc Laren F1 de 1993, grâce à son V12 BMW de plus de 6 litres de 550 ch avait atteint 386,7 km/h sur le terrain d'essais Volkswagen de Ehra-Lessien, une vitesse qui lui a permis entre autres de remporter les 24 Heures du Mans en 1995. Las, la McLaren F1 coûtait une fortune, c'est-à-dire cinq millions de francs d'alors. Cela n'a pas empêché 106 personnes de l'acheter dans le monde entre 1993 et 1998.


McLaren F1


Texte : Patrice Vergès, 2004 - Adaptation 2014 / Carcatalog
Ne pas reproduire sans autorisation de l'auteur.

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