Un siècle de carrosserie française


Descriptif

Un siècle de carrosserie française
par Jean Henri Labourdette
1972

Editeur : Edita SA, Lausanne

248 pages
Format 255 x 300
En français
Couverture rigide, avec jaquette
Prix neuf en 1972 : 240 francs (équivalent 228 euros de 2015)
Prix en occasion : de 50 à 120 euros
ISBN : 2880012031

Cote d'amour : 10/10
 

Le pitch

L'auteur de ce livre, Jean Henri Labourdette, commença à travailler dans les ateliers de son père en 1911 ; il dirigea la maison qui portait son nom jusqu'en 1939 ; en 1960, il dessinait encore des voitures et aujourd'hui, à 84 ans, la carrosserie reste sa passion. Son grand-père s'étant établi en 1858, c'est donc bien d'un siècle de carrosserie, au travers de trois générations, qu'il est question dans son livre, au ton très personnel, celui d'une histoire vécue. Bien que l'auteur n'y parle presque exclusivement des carrosseries Labourdette, nous y trouvons tous les éléments qui permettent de comprendre et de revivre ce que fut la naissance, puis l'évolution, de la carrosserie automobile française à l'époque où la Ville Lumière donnait au monde le ton de l'élégance.

L'abondance des documents, souvent rares, qui l'auteur a tirés de ses archives et les souvenirs, encore si vifs, qu'il a tirés de sa mémoire, font de Un siècle de carrosserie française un document unique par sa richesse et son originalité. Il ravira non seulement les passionnés de l'automobile, mais aussi tous ceux qui s'intéressent à l'histoire et aux moeurs d'une époque que nous appelons déjà le bon vieux temps. 
 

L'auteur

Sous la direction de Jean Henri Labourdette, inspirée des techniques les plus nouvelles et adoptant les lignes les plus modernes, la carrosserie parisienne de l'Avenue Malakoff ne tarda pas à devenir l'une des plus célèbres du monde automobile de l'entre-deux-guerres. Jean Henri Labourdette avait succédé dès 1911 à l'âge de 23 ans à son père décédé l'année précédente. Ce dernier lui avait appris toutes les faces de l'art de la carrosserie. Ayant perdu leur caractère traditionnel, les voitures sortant des usines parisiennes prirent alors un style nettement personnalisé, souvent même d'avant-garde. Une voiture, le skiff de 1912, une création originale en forme de bateau, sans portières, dont l'ossature, fabriquée suivant la technique traditionnelle de la charpente navale, marqua en particulier les esprits. C'est aussi au sein de la carrosserie Labourdette que fut inventé le système Vutotal, avec un pare-brise sans montants latéraux et supérieurs. L'activité de la carrosserie prit fin en 1939.  

Cette introduction extraite de l'ouvrage est signée Jean Henri Labourdette, et fut rédigée peu de temps avant son décès :

L'époque que j'ai vécue, où se construisaient des voitures attelées et où naquit l'automobile, était plus nuancée que celle d'aujourd'hui. C'est dans ce climat que mon père m'inculqua son métier et, fort jeune, je participai à l'évolution des carrosseries automobiles. Aujourd'hui, je constate avec émotion la disparition de l'art de la carrosserie. Alors, de peur que l'on ne l'oublie, je me suis décidé à en parler. Les hommes, qui s'extasiaient devant de magnifiques attelages, subissaient le charme harmonieux apporté par les chevaux piaffant devant la voiture. Plus tard, émerveillés, fascinés ... par des moteurs vrombissants, ils aspirèrent à envelopper les automobiles naissantes de carrosseries confortables, ayant des volumes gracieux et effilés, dont les lignes suggéraient la vitesse. La femme, sensible et coquette, devina d'emblée que la carrosserie de sa voiture pourrait ajouter à son charme. Mieux, le gavroche de la rue, sans s'en douter, fut impressionné par les carrosseries, puisqu'il trouva expressif de crier à une jolie fille son admiration en s'exclamant : "c'que t'es bien carrossée ... Môme !" La carrosserie m'envoûta ! Ma vie lui fut intimement liée. Pour elle, j'ai imaginé. Je lui ai consacré beaucoup d'efforts. Elle m'a procuré de lourdes peines et beaucoup de joies : elle fut ma " bien-aimée ". Cette passion fut éveillée en moi par mon père Henri (1955-1910) qui me guida et me conseilla. Lui-même avait suivi les traces de son père Jean Baptiste (1826-1895), forgeron béarnais venu travailler à Paris où il s'établit en 1958. Mon père, doué d'un goût raffiné, apporta dans la création et la fabrication des voitures attelées un cachet très personnel. Son dessin était léger et il s'attacha à construire léger. Créateur, il le fut. Ses dons trouvèrent à s'exprimer dans la nouvelle orientation de la carrosserie : la carrosserie automobile. Il fit partie de ce petit peloton de carrossiers (quatre au plus) qui, forts de leurs expériences, carrossèrent les tout premiers véhicules à moteur. Lorsqu'en 1905, j'entrai à l'usine de mon père, il ne s'y fabriquait plus que quelques voitures hippomobiles par an. Alors, avec la fougue et la vigueur de la jeunesse, je consacrai à l'automobile naissante les ressources de mon imagination et de ma fantaisie. Fort de mon expérience, je peux affirmer que l'art de la carrosserie est un art complet, car sa perfection exige la réunion de trois perfections : celle du sensible qui exige la beauté ; celle du rationnel obtenue par la réalisation d'un confort total ; celle de l'exécution, témoignage de l'habilité, de l'intelligence de la conscience de l'homme manuel. C'est ainsi qu'au soir de ma vie, poussé par un prosélytisme impénitent, je me décide à sortir de l'ombre ces admirables voitures attelées, à projeter un faisceau lumineux explicatif sur les carrosseries automobiles de naguère. 


Plan du livre

Introduction au propos
La carrosserie ma bien-aimée
Des carrosses aux carrossiers
Des divers métiers de la carrosserie
Album des voitures attelées
D'une caisse surgit l'art du carrossier
De quelques types de voitures et de leurs appellations
Les métamorphoses successives de l'automobile
Les glaces et la visibilité
La capote
Barbouiller, immerger et savoir peindre
La garniture
Malles et bagages
Lanternes et poignées
Le temps des carrosseries en toile
Album des carrosseries automobiles 1896-1960
De la façon dont le carrossier prenait une commande
Le coin des carrossiers
De la façon dont on facturait la fabrication d'une carrosserie
Dimensions, poids et prix
 

Les plus

Iconographie exceptionnelle
Style d'écriture
Informations prises à la source par un acteur de l'histoire
L'auteur s'intéresse aux origines de la carrosserie hippomobile depuis le 16ème siècle
Nombreuses anecdotes
Ouvrage de référence
 

Quelques regrets ...

Aucun, mais ce livre s'adresse essentiellement à un public désormais limité qui s'intéresse à cette période qui court jusqu'en 1939, ou qui par curiosité, souhaite découvrir un sujet rarement étudié avec tant de détails.
 

Vu dans la presse

Dans le mensuel Champion, numéro 83 du 15 décembre 1972 :

" 240 francs, c'est une somme, et assurément ce livre n'est pas à la portée de toutes les bourses. Mais quel chef-d'oeuvre ! Jean-Henri Labourdette qui vient, hélas de mourir nous apporte ici tous les éléments permettant de comprendre et de revivre ce que fut la naissance, puis l'évolution de la carrosserie automobile française à l'époque où la Ville lumière donnait au monde le ton de l'élégance. L'abondance des documents, souvent rares (reproductions de commande ou de facture de 1900 par exemple), que l'auteur a tiré de ses archives et les souvenirs, encore si vifs, qu'il a tiré de sa mémoire, fond de " Un siècle de carrosserie française " un document unique par sa richesse et son originalité. En effet, il s'agit bien d'un siècle vu à travers la maison Labourdette puisque le grand-père de l'auteur s'était établi en 1958 et qu'en 1960 l'auteur lui-même dessinait toujours des voitures, quoiqu'il ait été obligé de fermer sa maison en 1939. Ce livre ravira non seulement les passionnés de l'automobile, mais aussi tous ceux qui s'intéressent à l'histoire et aux moeurs d'une époque que nous appelons déjà le bon vieux temps ".
 

A noter

Jean Henri Labourdette est mort le 20 août 1972, alors même que l'introduction à l'ouvrage par l'auteur est datée d'août 1972.

Le prix demandé pour cet ouvrage par les bouquinistes spécialisés semble bien excessif (200/300 euros). Avec un peu de patience, ce livre peut se trouver pour moins de 100 euros, voir même à 50 euros.

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