Genève 1978
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Ford Capri III - Collection ALR Les anciens phares rectangulaires cèdent la place à quatre phares circulaires plus agressifs d'apparence, complétés par une nouvelle calandre à lamelles. Les pare-chocs noirs intègrent les clignotants et se prolongent jusqu'aux passages de roues, tandis qu'à l'arrière, les feux s'élargissent et adoptent des stries anti-salissures, une astuce technique inspirée de Mercedes. Grâce à ces multiples ajustements, la carrosserie gagne en attrait et, selon Ford, en efficacité aérodynamique, le cx passant de 0,42 à 0,40. Sous le capot, les mécaniques restent inchangées par rapport à la génération précédente, avec une gamme de moteurs qui s'étend du petit quatre cylindres 1,3 litre de 55 ch jusqu'au performant V6 3 litres de 138 ch, le modèle étant décliné en cinq niveaux de finition : L, LS, GL, S et Ghia.
Ford Capri III - Source : https://en.wheelsage.org Opel présente les versions définitives de la berline Senator et du Coupé Monza dévoilés au dernier Salon de Francfort. Avec ces deux voitures de pointe, Opel cherche manifestement à concurrencer les productions d'Ingolstadt, Munich ou de Stuttgart. Le constructeur allemand expose par ailleurs une étude sur base Opel Kadett City, un prototype remanié qui explore les extrêmes du style et de la performance. Immédiatement reconnaissable à ses ailes proéminentes, sa caractéristique principale est sa carrosserie considérablement élargie, dotée de passages de roues massifs et de roues d'un dessin inédit, lui conférant un look de voiture de course ou de rallye. L'esthétique est renforcée par une teinte argentée parcourue de bandes blanches obliques de différentes largeurs. Sous la calandre reprise du modèle de série, on découvre un imposant spoiler et deux demi pare-chocs. L'étude aérodynamique se manifeste à l'arrière par une lame, tandis que le hayon est remplacé par une pièce de plexiglas transparent. A l'intérieur, la banquette arrière est supprimée pour libérer une surface de chargement recouverte d'un tapis, s'avançant jusqu'aux sièges sport de l'avant. La partie avant du toit est amovible.
Opel City Special - Source : https://en.wheelsage.org La Touareg, une version spéciale de la Ford Fiesta, est spécifiquement conçue pour les environnements désertiques. Comme son nom l'indique, elle est taillée pour affronter les conditions extrêmes, ce qui se traduit notamment par une ventilation et un refroidissement moteur nettement améliorés, grâce à cinq prises d'air distinctes sur le capot. La carrosserie est modifiée avec un toit allongé vers l'arrière qui la transforme en un petit break pratique, surmonté d'une galerie de toit robuste destinée à accueillir des jerrycans d'eau et de carburant. Pour la conduite tout-terrain, elle bénéficie d'une garde au sol rehaussée et de pare-chocs spéciaux. Les passages de roues présentent une forte saillie et sont reliés sur les côtés par un véritable marchepied, et à l'avant par un élément qui s'apparente à un spoiler. Un crochet de remorquage est solidement fixé sur le pare-chocs avant, tandis que des phares supplémentaires sont montés sur le toit pour une meilleure visibilité nocturne. A l'intérieur, l'aménagement et l'équipement privilégient la solidité et l'ergonomie pour s'adapter à sa nouvelle vocation.
Ford Touareg - Source : https://en.wheelsage.org Ford présente par ailleurs la Ghia Megastar II, un concept-car qui améliore la formule de la première Megastar exposée l'an dernier. Elle utilise un châssis de Ford Taunus raccourci de 35 cm, équipé d'une mécanique de 2 litres qui trouve sa place sous un capot pourtant très incliné. Malgré ses deux portes, la Megastar II conserve une capacité d'accueil de cinq passagers. Elle se distingue de nouveau par des lignes élancées et aérodynamiques, caractérisées par une ceinture de caisse basse et des surfaces vitrées plongeantes vers l'avant, qui optimisent la visibilité latérale pour les passagers avant. Les rétroviseurs intégrés se confondent avec les vitres. La partie arrière est courte et relevée. A l'intérieur, l'instrumentation de bord est empruntée à Ford, mais disposée de manière spécifique. Le design extérieur joue sur le contraste entre la carrosserie gris métallisé et les vitres sombres, accentué par une bande décorative de couleur en bas de caisse. La modularité est optimisée grâce à un large hayon qui s'ouvre jusqu'au pare-chocs arrière et à des sièges arrière rabattables.
Ford Megastar II - Source : https://en.wheelsage.org Le prototype de luxueux break Granada, dénommé " Chasseur ", est basé sur la deuxième génération de la Granada et incarne une vision Grand Tourisme du break familial. Ce modèle est équipé du moteur V6 2,8 litres à injection et intègre des équipements avancés, tels que des glaces électriques sur les quatre portes et une fermeture électromagnétique centralisée, le tout dans un habitacle garni des meilleurs matériaux. Extérieurement, le " Chasseur " se distingue par sa peinture deux tons d'un certain " chic ", ses pneumatiques Michelin TRX, sa galerie de toit spécifique et ses protections tubulaires en acier pour les phares et la calandre, un élément qui justifie son nom de baptême. Ce prototype sert de vitrine technologique et stylistique, mais bien qu'il suscite l'intérêt, aucune production en série n'est envisagée par Ford.
Les marques françaises représentent 20,5 % du marché suisse en 1977, soit 48 069 unités, avec par ordre d'importance Renault, Citroën, Peugeot et Chrysler Simca, qui comptent respectivement 18 305, 11 239, 10 102 et 8 104 immatriculations. Les quatre constructeurs français ne présentent aucune nouveauté à Genève. En effet, la Renault 18, dont les premières préséries sont en cours de production, est absente. C'est un constructeur français indépendant qui fait parler de lui à Genève. Xavier de la Chapelle présente la Stimula 55, une réplique soignée et moderne de la Bugatti Type 55 des années 30. Le nom de Stimula fait référence aux automobiles Stimula que ses aïeuls produisaient à Saint-Chamond au début du siècle, soulignant ainsi un héritage familial dans la construction automobile. Pour motoriser cette voiture, la marque emprunte sa mécanique à l'Opel Commodore, un gage de fiabilité et de disponibilité. Cette association réussie d'une motorisation moderne et d'une carrosserie fidèle à l'originale, permet au modèle de se positionner sur le marché des automobiles de luxe, à l'instar des Excalibur ou Clénet. Un importateur est désigné pour la Suisse, marquant l'ambition de commercialiser ce modèle artisanal au-delà des frontières françaises.
Stimula 55 - Collection ALR Les constructeurs italiens arrivent en troisième position sur le marché suisse, avec 29 195 voitures immatriculées en 1977. La Fiat 131 apparue pour la première fois au Salon de Turin en 1974 bénéficie d'un restylage significatif, avec un nouveau dessin de la calandre et des feux avant et arrière, et un nouvel aménagement intérieur. C'est surtout l'introduction de la 131 Supermirafiori qui crée l'événement. Cette version s'ajoute à la version de base 131 Mirafiori. La Supermirafiori est dotée d'un tempérament plus affirmé grâce à un moteur 4 cylindres à deux ACT, proposé en deux cylindrées : 1 297 cm3 de 78 ch Din ou 1 585 cm3 de 96 ch Din. Esthétiquement, la Supermirafiori se distingue de la Mirafiori par ses pare-chocs avant en résine synthétique noir mat, et non plus chromés. Elle n'est construite que sous la forme de berline 4 portes.
Fiat Supermirafiori - Source : https://en.wheelsage.org Pininfarina présente un élégant spider Lancia Gamma, directement dérivé du coupé. La principale innovation réside dans son toit amovible, qui se compose de deux éléments rigides. Ces panneaux peuvent être rangés de manière pratique dans un logement spécialement adapté situé dans le coffre arrière. Pour des raisons de sécurité structurelle, le modèle conserve une solide armature de toit renforcée par un arceau de sécurité fixe. La lunette arrière, en vinyle, est conçue pour une ouverture complète grâce à un système de fermeture éclair. Cependant, cette création n'est perçue que comme une " demi-nouveauté " et ne provoque pas de véritable enthousiasme, même si son élégance est incontestable. Le stand Pininfarina met par ailleurs en avant ses autres réalisations déjà produites en série dans ses ateliers, ou auxquelles le carrossier a participé en phase d'étude : Ferrari 400 Automatic, Ferrari 328 GTS Spider, Peugeot 504 Coupé V6 et Peugeot 305.
Bertone est également présent avec un stand, mais il ne propose aucune nouveauté majeure susceptible de susciter l'enthousiasme des foules. Il faut sans doute attendre l'imminence du Salon de Turin pour découvrir les créations significatives du carrossier. Présentée en novembre 1977, l'Alfa Romeo Giulietta marque une rupture nette avec l'élégance classique de la marque. Cependant, c'est chez Zagato que l'on observe une réalisation des plus surprenantes et controversées sur cette base déjà originale. Le carrossier a assemblé une version spéciale de la Giulietta, selon les recommandations d'Elio Fiorucci, le couturier italien spécialiste de jean. Il en résulte une curieuse automobile extérieurement protégée par des éléments en mousse. Les pare-chocs, grossièrement dessinés, ainsi que les protections latérales et les chapeaux de roues sont peints dans un bleu " pop " vif. La peinture extérieure est grossièrement appliquée et mêlée de points de couleurs. A l'intérieur, les poignées sont originales, faites de bois dans un style " bobine ". Cette réalisation ne fait pas honneur à la Giulietta, qui peine déjà à imposer son propre design atypique. Elle déçoit d'autant plus les puristes de Zagato, qui voient le prestigieux carrossier réduit à ce type de travaux perçus comme purement alimentaires, et surtout éloignés de son héritage sportif.
Alfa Romeo Giulietta par Fiorucci / Zagato - Source : https://en.wheelsage.org Le Japon s'impose désormais en quatrième position sur le marché suisse, enregistrant 28 348 immatriculations en 1977. Sa part de marché atteint 12,5 %, confirmant une progression significative. Cette valeur n'était que de 8,9 % en 1976. La marque Toyota assure à elle seule près de la moitié de ces ventes, avec 14 035 véhicules écoulés, soulignant son rôle de locomotive dans cette percée japonaise. Face à une concurrence européenne très développée, Toyota n'est jamais parvenu à imposer sa Publica sur le marché suisse, où elle était vendue sous le nom de Copain. Le constructeur japonais tire les leçons de cet échec et lance la Starlet, un modèle conçu pour plaire au Vieux Continent. La Starlet adopte un design résolument moderne, s'inspirant des citadines deux volumes européennes contemporaines, telles que les VW Polo et Golf, la Ford Fiesta ou la Fiat 127. Elle est disponible en versions deux ou quatre portes et se dote d'un hayon, un élément indispensable pour séduire la clientèle européenne. La Starlet se singularise par une finition soignée et un niveau d'équipement particulièrement conséquent sur ce segment. Avec ses 3,72 mètres de long, elle dépasse même de deux centimètres la VW Golf. Sous le capot, elle est équipée d'un 4 cylindres de 993 cm3 qui développe 53 ch SAE. Une version plus puissante de 1 166 cm3 est attendue prochainement. Malgré cette orientation européenne, Toyota n'a pas encore eu l'audace de franchir le pas de la traction avant, la Starlet conservant une propulsion classique.
Toyota Starlet - Source : https://en.wheelsage.org En 1977, Datsun s'est maintenu solidement en deuxième position des marques japonaises en Suisse avec 5 161 immatriculations. Le constructeur profite du Salon de Genève pour présenter au public européen la nouvelle génération de Sunny (B310), lancée fin 1977 au Japon, qui remplace l'ancienne série et vient se positionner entre la plus petite Cherry et la Violet. Pour cette nouvelle venue, les designers de Nissan se sont inspirés comme chez Toyota du style européen, adoptant des formes relativement simples et une ligne de ceinture pas trop haute. La gamme est complète, proposant une berline 2 ou 4 portes, un break 3 ou 5 portes, ainsi qu'un coupé avec hayon. Deux motorisations sont disponibles, un 4 cylindres de 1 171 cm3 développant 52 ch Din et un autre de 1 397 cm3 développant 63 ch Din. La Sunny utilise l'architecture classique propulsion, avec son moteur à l'avant et les roues motrices à l'arrière.
Datsun Sunny Coupé - Source : https://en.wheelsage.org La Daihatsu Charade fait son entrée sur le marché suisse peu après sa présentation au Japon (octobre 1977). Jusqu'à présent, Daihatsu n'était représenté en Suisse que par son véhicule tout-terrain, le Taft. La nouvelle citadine partage plusieurs caractéristiques avec la Toyota Starlet, notamment son empattement de 2,30 mètres et sa cylindrée de 993 cm3. Elle se présente exclusivement en version cinq portes avec un vaste hayon et un coffre à volume variable. La Charade se distingue toutefois par son moteur 3 cylindres développant 50 ch Din, qui se fait remarquer pour sa marche exceptionnellement douce et exempte de vibrations. Avec la berline Accord, Honda propose une authentique représentante de la classe moyenne supérieure, se positionnant parallèlement au coupé du même nom. L'Accord se singularise par son niveau d'équipement élevé, souvent supérieur à celui de ses rivales européennes, ses sièges luxueusement rembourrés qui privilégient le confort, et sa planche de bord richement dotée. Deux motorisations sont disponibles, 4 cylindres de 1600 cm3 de 82 ch SAE ou 1 750 cm3 de 90 ch SAE. Ce modèle permet à Honda de confirmer sa réputation de qualité et de fiabilité en visant un segment de marché plus élevé et plus exigeant, même si l'on peut déplorer la banalité de ses lignes.
Honda Accord berline - Source : https://en.wheelsage.org Mitsubishi expose son important break Galant, qui attire les regards par ses traits rectilignes. Son haut niveau d'équipement de série et le soin apporté à la finition le positionnent davantage comme une confortable voiture familiale de standing qu'un simple break utilitaire. Grâce à l'abattement complet de la banquette arrière, la longueur utile de chargement atteint 1,65 mètre, offrant ainsi une grande polyvalence.
Mitsubishi Galant Break - Source : https://en.wheelsage.org La principale surprise de cette manifestation genevoise vient du bureau de style japonais Dome, qui expose le prototype Dome-0. Ce projet ambitieux est le fruit de plusieurs années de recherches menées par une petite équipe de douze jeunes créateurs nippons, jusque-là principalement attirés par le monde de la compétition. L'équipe est dirigée par Minoru Hayashi, un jeune homme de 33 ans, et compte parmi ses membres des talents reconnus, comme Akihiro Irimajiri, qui s'est déjà forgé une réputation en Formule 1 chez Honda. L'objectif de l'équipe est clair : permettre à leur nation de produire enfin une voiture capable de rivaliser avec la classe des Ferrari, Lotus ou Porsche. La Dome-0 se veut une réponse directe à la banalisation de la production de masse. Aux yeux de ses créateurs, le Japon ne produit aucune voiture susceptible de procurer un sentiment de fierté et du rêve à la jeunesse. C'est dans ce contexte que ce prototype est présenté à Genève, afin d'être soumis à la critique internationale. Le design de la Dome-0, avec sa carrosserie très profilée et sa ligne en coin, n'a rien à envier aux réalisations des prestigieuses maisons comme Bertone ou Italdesign. Elle ne mesure que 98 cm de haut et est animée pour l'instant par un 6 cylindres Datsun de 2,8 litres monté longitudinalement. Dans l'habitacle, le volant et les instruments affichent un style résolument futuriste. L'équipe a rencontré de nombreux obstacles, aussi bien légaux que techniques. Ses membres estiment que les réglementations tatillonnes des pouvoirs publics favorisent les grands constructeurs, agissant comme une forme particulière de protectionnisme intérieur qui empêche le bourgeonnement de créateurs marginaux. Malgré ces difficultés, l'avenir de la Dome-0 reste ouvert. Le 0 placé derrière son nom laisse supposer qu'il ne s'agit que du début d'une aventure. L'équipe semble déterminée. Lorsque les premières commandes seront passées, elle adaptera ses moyens pour satisfaire la demande.
Dome - Source : https://en.wheelsage.org Atteint par la baisse des ventes des grands tourismes de luxe après le premier choc pétrolier, le constructeur suisse Monteverdi a su se réorienter. En 1976, il lançait le Safari, un véhicule tout-terrain qui est rapidement devenu son modèle le plus vendu, avec un rythme de production atteignant 20 exemplaires par mois. Cette tendance du marché du luxe pousse Monteverdi à redimensionner son offre, notamment vers des modèles plus compacts. C'est dans ce contexte qu'a été lancée la berline Sierra l'année dernière. Monteverdi revient cette année à Genève avec la Sierra Convertible, occupant quasiment à elle seule un marché délaissé par la concurrence, celui des cabriolets de luxe à cinq places. Par rapport à la berline Sierra, le châssis de cette version décapotable est raccourci de 11 cm au niveau de l'empattement, et la longueur totale est réduite de 20 cm, portant la longueur de la Convertible à 4,68 mètres. Afin d'obtenir une ligne harmonieusement allongée, l'arrière est moins plongeant que celui de la berline. L'équipement est, bien entendu, à la hauteur du prestige de la marque. La voiture est dotée d'une capote électrique, d'un régulateur de vitesse, de la climatisation et d'un intérieur en cuir véritable. Pour animer ses 1 400 kg, la Convertible reçoit un moteur V8 Chrysler de 5,9 litres développant 190 ch (contre un 5,2 litres sur la berline). La Sierra Convertible n'a pas pour vocation les volumes de production de la Safari. Elle restera un cabriolet de luxe rare et exclusif. Son prix à lui seul limitera sa clientèle. Affiché à 89 000 francs suisses, on peut comparer ce montant avec les 69 000 francs de la berline Sierra et les 42 500 francs de la Safari en version de base. Il est à noter que ce n'est pas la première incursion du constructeur dans ce type de carrosserie, puisque Monteverdi proposait déjà en 1975 le modèle Palm Beach à trois places, basé sur le coupé High Speed 375 L.
Monteverdi Sierra Convertible - Source : https://en.wheelsage.org Le préparateur suisse Franco Sbarro est présent avec la Super Stash, la version à toit amovible de son coupé quatre places. Le modèle exposé est animé par un V8 Mercedes. Le moteur et la boîte automatique (empruntée à la Cadillac Eldorado) sont regroupés au-dessus de l'essieu arrière. Sbarro prévoit que la Super Stash pourra recevoir d'autres moteurs, notamment des V8 américains ou le 6 cylindres de 3 litres de chez BMW. Par rapport au coupé Stash présenté en 1974, l'empattement de la Super Stash Spider reste identique, mais la longueur totale est supérieure de 20 cm et la largeur augmente de 7 cm. Les deux portes sont notablement plus grandes, ce qui facilite l'accès aux places arrière. Si la pluie surprend les occupants sans laisser le temps de remettre le toit amovible en place, un tendelet de toile se repliant dans l'arceau permet de couvrir rapidement l'habitacle. Les phares ne sont pas escamotables, mais simplement masqués par des trappes articulées qui se baissent pour découvrir les optiques. Une brosse montée à l'extrémité libre de chaque trappe nettoie les optiques à chaque mouvement. A l'arrière, Franco Sbarro a conçu un coffre basculable offrant un accès aisé pour tous travaux de mécanique.
Sbarro Stash Spider - Source : http://sbarro.phcalvet.fr Les années 1960 ont gravé le nom de Lola dans l'histoire de la course automobile. Les coupés à moteur central, animés par de puissants V8 américains, connaissaient alors un succès retentissant sur les circuits. La silhouette de ces biplaces est l'œuvre de l'ingénieur britannique Eric Broadley, dont l'entreprise est rapidement devenue une référence dans la construction de monoplaces. Le mythe a pris une dimension routière grâce au talent de Franco Sbarro. Il y a près d'une décennie, l'artisan a donné naissance à la première version homologuée, marquant le point de départ d'une lignée exclusive. D'autres exemplaires ont suivi, bénéficiant d'un luxe inouï et embarquant le plus souvent des V8 américains. Un client est même allé jusqu'à s'offrir un V12 Ferrari. Aujourd'hui, Sbarro présente à Genève la onzième déclinaison de sa Lola. Cette fois, l'artisan y a installé le 6 cylindres 3,3 litres de la Porsche Turbo, délivrant 300 chevaux. La vitesse de pointe est estimée à 310 km/h. Cette voiture exclusive est mystérieusement dénommée H.H., d'après les initiales de son futur propriétaire, un Allemand.
Sbarro Lola H.H. - Source : http://sbarro.phcalvet.fr La carrosserie suisse de Willy Felber, fondée en 1974 et basée à Morges, pense aux amateurs fortunés de conduite à ciel ouvert. Il présente à Genève sa version cabriolet à deux places du coupé 2+2 Excellence, qu'il produit depuis l'année dernière sur la base de la Pontiac Firebird. Le modèle exposé n'est pas totalement finalisé. Il lui manque encore la capote, mais il révèle déjà une esthétique tape-à-l'œil. On remarque notamment de véritables roues à rayons et des tuyaux d'échappement latéraux agressifs, dont la présence est d'un goût incertain. L'intérieur, quant à lui, ne manque pas de luxe. Sur demande du client, les aiguilles des instruments peuvent même être taillées dans des pierres précieuses, confirmant la volonté de Felber de proposer une personnalisation et un niveau d'exclusivité extrêmes.
Felber Excellence - Source : https://en.wheelsage.org Felber propose également un véhicule tout-terrain de luxe, l'Oasis, qui se positionne comme un concurrent direct du Monteverdi Safari, voire du Range Rover. Ce modèle est développé sur la base de l'International Scout, un 4x4 américain des plus robustes. Bien qu'il conserve certains éléments structurels du Scout (châssis à ressorts à lames, capot, toit, portes, pare-brise et une partie des flancs), l'habillage extérieur est fortement retravaillé. L'avant est spécifique, intégrant une grille à lamelles, tandis que les fenêtres arrière sont largement retaillées et que la vitre du hayon est agrandie pour améliorer la visibilité, renforçant le caractère exceptionnel de cette réalisation. Pour le confort, le châssis, doté de ressorts à lames, peut être équipé sur demande d'une suspension pneumatique pour adoucir le comportement routier. Ce véhicule, animé par un V8 de 5,6 litres, est luxueusement personnalisable. L'habitacle reçoit un intérieur en cuir, et de nombreux accessoires sont proposés en option, tels que la télévision, le téléphone, ou encore des jantes sport, en plus d'une peinture originale.
Felber Oasis - Source : https://en.wheelsage.org Caruna (abréviation de Carrosserien und Neuanfertigungen, ou Carrosserie et Nouvelles Fabrications) fondé en 1965 à Spreitenbach en Suisse expose une version cabriolet du coupé Datsun 180 B. Les quatre glaces latérales sont entièrement escamotables. Même les boîtiers des ceintures de sécurité, habilement intégrés, ne parviennent pas à rompre la fluidité de la ligne. L'aspect et le confort des quatre sièges en cuir véritable se situent au meilleur niveau de l'artisanat. Les seuils de porte sont revêtus de laiton chromé brillant, et portent la marque du carrossier. Erwin Schill, patron de Caruna, projette une production en petite série pour ce modèle.
Datsun Caruna - Source : https://www.coachbuild.com Les Britanniques n'exposent aucune nouveauté majeure. Ils ne représentent d'ailleurs plus que 3,6 % du marché suisse, tout en conservant pourtant un nombre encore conséquent de marques. Les deux constructeurs suédois, Volvo et Saab, quant à eux, ne couvrent que 3,2 % du marché suisse, mais font a contrario preuve d'un certain dynamisme, si l'on juge notamment par la Volvo 242 GT. Les visiteurs découvrent cette version deux portes (comme son nom l'indique) équipée d'un moteur de 2 127 cm3 à injection, qui développe 123 ch DIN. Elle affiche un caractère volontairement sportif, que ce soit par sa couleur gris métallisé, son spoiler avant, ses jantes en alliage léger ou ses phares antibrouillard intégrés à la calandre. Dans l'habitacle, une sellerie spécifique, un volant sport et un tableau de bord incluant un compte-tours complètent l'équipement. Ce qui n'est pas immédiatement visible, ce sont les améliorations du châssis. Les amortisseurs sont plus durs et les stabilisateurs plus rigides. Ce type de proposition surprend de la part d'un constructeur aussi sérieux que Volvo.
Volvo 242 GT - Collection ALR Les Puma, des voitures de sport produites au Brésil, sont régulièrement importées en Suisse depuis quelques années. Le coupé et le cabriolet bénéficient cette année d'un tableau de bord revu, d'un volant et de sièges baquets au nouveau dessin. Ces voitures à carrosserie en polyester sont animées par un moteur Volkswagen 1,6 litre de 90 ch SAE. L'importateur local, qui distribue aussi ces voitures en Allemagne et en Autriche, ajoute quelques accessoires et équipements à la finition de base.
Puma - Source : https://en.wheelsage.org |