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Norihiko Harada
Norihiko Harada - Japon - 1959 Copyright. Ce site est gratuit et sans publicité. Je n'en retire aucun bénéfice financier. C'est le fruit d'une démarche totalement désintéressée. Si vous êtes détenteur d'un copyright non mentionné, je vous invite à me contacter. Ce fait est involontaire. Le document en question sera immédiatement retiré. Merci donc pour votre indulgence, pour ce qui n'est qu'un travail amateur. Dès le collège, Norihiko Harada développe une fine sensibilité artistique, mais son parcours académique débute par des études de philosophie et d'histoire de l'art à l'université Keio, au Japon. En 1985, il choisit de se réorienter vers le design automobile et part se former au renommé Art Center College of Design de Pasadena, en Californie. Sa carrière professionnelle s'amorce en Italie en 1989 lorsqu'il intègre IDEA à Turin. Durant près de quatre ans, il y collabore étroitement avec le directeur du style, Ercole Spada. Lorsque ce dernier quitte la structure pour retourner chez Zagato entre 1993 et 1995, il invite le styliste japonais à le rejoindre. Norihiko Harada assume la direction du design de la carrosserie milanaise à partir de 1996. Il supervise la quasi-totalité des projets automobiles et s'illustre particulièrement dans la création de modèles sur mesure. Il affectionne cette relation directe avec les commanditaires, qui lui permet d'adapter son coup de crayon aux attentes de chaque client. Son approche intègre presque systématiquement les codes historiques de la maison, à l'image du toit à double bossage, initialement conçu pour loger les casques des pilotes sans dégrader l'aérodynamisme, ou des lignes de fuite tendues. Au-delà de ses propositions, la vision artistique globale reste validée de près par la famille, en l'occurrence par Andrea Zagato et Marella Rivolta Zagato. Cette présentation vous invite à découvrir sur trente ans les principales réalisations d'un créateur dont la discrétion est inversement proportionnelle au talent. 1996, Lamborghini Raptor Dévoilé au Salon de Genève en 1996, le prototype fonctionnel Raptor naît d'une collaboration entre Lamborghini, le carrossier Zagato et l'ancien pilote de skeleton suisse Alain Wicki. Ce concept car emprunte sa plateforme technique et sa transmission intégrale à la Diablo VT. Il affiche une posture agressive et ramassée, s'affranchissant de portières traditionnelles au profit d'une verrière d'un seul tenant. Cette structure, qui englobe le pare-brise, le toit et les flancs, bascule intégralement vers l'avant grâce à un pivot articulé. L'auto figure parmi les toutes premières créations de la maison milanaise développées par CAO, une technologie qui permet de se passer de la traditionnelle maquette en argile et de fabriquer le véhicule en moins de quatre mois. Grâce à l'utilisation massive de la fibre de carbone pour la carrosserie et à un habitacle dépouillé, le poids de la Raptor chute de près de 300 kg par rapport au modèle de série.
Lamborghini Raptor - 1997, Lamborghini LM003 Borneo La Lamborghini LM003 Borneo est une étude de style imaginée à une époque où le constructeur de Sant'Agata Bolognese se trouve sous le contrôle du groupe indonésien Megatech. Pensé comme le successeur spirituel du LM002 de 1986, ce projet vise à investir le marché des SUV de très grand luxe. Une coentreprise entre la firme italienne et le constructeur indonésien Timor doit porter l'entreprise. Mû par un moteur V12, l'engin rompt radicalement avec l'allure militaire de son aîné. Le designer Norihiko Harada façonne des surfaces sculptées, agrémentées de prises d'air à la base du pare-brise qui s'étirent visuellement pour former les rétroviseurs. La face avant arbore des optiques affinées, logées dans des cavités géométriques. Le véhicule ne dépasse finalement pas le stade de la maquette à l'échelle 1. Une étude de marché défavorable et des turbulences financières scellent définitivement le sort du projet.
Lamborghini LM003 Borneo - 1998, Zagato Zuma (Audi A3) Au Salon de Genève 1998, Zagato dévoile la Zuma, une étude de style qui revisite le concept du coupé compact. Commandité par Roland D'Ieteren pour célébrer les 205 ans du groupe automobile belge, ce prototype témoigne des liens étroits entretenus par la famille D'Ieteren avec la carrosserie italienne, une proximité illustrée la même année par le rachat de la marque Touring pour relancer ses activités. Bien que la Zuma repose sur la plateforme technique de l'Audi A3, elle s'en détache radicalement par une silhouette originale aux lignes musclées, évocatrices de la Lancia Hyena. Le pare-brise s'appuie sur des montants latéraux particulièrement discrets, créant un effet de verrière aérodynamique, tandis qu'à l'arrière, la chute de toit fuyante et les ailes rebondies rompent totalement avec les volumes d'origine. Présenté l'année même du lancement de l'Audi TT, ce travail recherche l'épuration et le modernisme visuel, appuyé par des optiques affleurantes. Sous cette robe d'artisan carrossier se cache une mécanique singulière pour un prototype, avec le choix inusité d'une motorisation turbo-diesel 2.0 TDI de 170 ch.
Zagato Zuma - 1999, Lamborghini L147 Canto Le projet L147 Canto de Zagato incarne une possible succession pour la Diablo, finalement abandonnée en 2001. Sa principale singularité réside dans l'intégration de gigantesques écopes aérodynamiques sur les ailes arrière. Ces proéminences alimentent en air frais le bloc V12 de 6,0 litres sans modifier l'architecture du châssis hérité de son aînée. Devant les critiques visant la démesure de ces ouvertures, Norihiko Harada en réduit la taille au profit d'ouïes plus discrètes. Une mise en production s'organise alors sous la forme d'une série limitée à 400 exemplaires. Cependant, le rachat de Lamborghini par le groupe Volkswagen en 1998 change la donne. Ferdinand Piëch rejette le style de l'auto, estimant qu'il n'est pas digne de la lignée des Miura et Countach. Le programme s'interrompt définitivement juste avant sa présentation officielle prévue pour le Salon de Genève 1999.
Lamborghini L147 Canto - 2001, TMI VM 180 Zagato La TMI VM180 Zagato naît d'une nouvelle collaboration entre Zagato et Toyota Modellista International (TMI), la division officielle du groupe nippon dédiée à la personnalisation esthétique des modèles Toyota et Lexus. Révélé au début de l'année 2001, ce roadster emprunte la plateforme de la Toyota MR2, mais s'en détache par une robe totalement inédite. A l'avant, Norihiko Harada abandonne les grands optiques du modèle de série au profit de petits phares ronds superposés, parfaitement intégrés dans les lignes plongeantes de la carrosserie, tandis que de légères écopes d'air viennent dynamiser le profil. La poupe accueille quant à elle des feux ronds disposés verticalement au cœur d'un modelé subtil. Destinée à une clientèle désireuse d'acquérir une pièce de design exclusive sans renoncer à la fiabilité mécanique d'un grand constructeur, la VM180 Zagato fait l'objet d'une fabrication strictement limitée à 100 exemplaires numérotés, tous distribués au Japon par le réseau Toyota durant l'année 2001.
TMI VM 180
Zagato - 2003, Aston Martin DB7 Zagato L'Aston Martin DB7 Zagato marque la renaissance d'une collaboration historique entre la firme britannique et le carrossier milanais, mise en sommeil depuis la fin des années 1980. Ce renouveau prend forme sous le crayon de Norihiko Harada, qui travaille en étroite concertation avec Henrik Fisker, alors directeur du style de la marque. Ensemble, ils métamorphosent la silhouette dessinée par Ian Callum pour lui insuffler une identité plus latine et plus agressive. Le châssis perd six centimètres en empattement par rapport au modèle de série, et la longueur hors tout diminue de quinze centimètres. La face avant se voit dévorée par une calandre béante en alliage d'aluminium, tandis que le pavillon intègre le célèbre double bossage. La partie arrière combine des hanches galbées à une lunette échancrée très complexe et des optiques rondes minimalistes.
Aston
Martin DB7 Zagato - Chaque carrosserie, mêlant acier et aluminium, est réalisée à la main dans les ateliers milanais avant de rejoindre l'Angleterre pour l'assemblage final. Proposé à un tarif supérieur de près de 60 % à celui d'une Vantage standard, ce joyau cible une clientèle restreinte de grands collectionneurs. Sa rareté s'exacerbe volontairement par le choix de ne pas l'homologuer sur le marché américain, le coût des crash tests requis pour sa structure spécifique restant jugé prohibitif pour une si petite série. La stratégie commerciale rencontre un succès fulgurant puisque la totalité de la production trouve preneur lors de présentations privées, avant même la révélation officielle de l'auto au Mondial de l'Automobile de Paris à l'automne 2002. Fidèle aux engagements initiaux, le volume final demeure strictement limité à quatre-vingt-dix-neuf exemplaires.
Aston
Martin DB7 Zagato - 2003, Aston Martin DB AR1 Face au succès de la DB7 Zagato et pour pallier son absence de l'autre côté de l'Atlantique, les deux partenaires récidivent dès janvier 2003 en dévoilant au Salon de Los Angeles la DB AR1, pour American Roadster 1. Ce cabriolet cible tout particulièrement la riche clientèle de Californie et de Floride. Le tandem italo-britannique délaisse le coupé au profit d'une base technique de DB7 Vantage Volante, dont le carrossier muscle radicalement les proportions.
Aston
Martin DB AR1 Zagato - La principale singularité esthétique réside dans la suppression totale de tout mécanisme de capote ou de toit rigide. Véritable roadster pur, l'auto se prive de protection contre les intempéries, hormis un simple couvre-tonneau pour le stationnement, ce qui libère la partie arrière. Cette configuration permet d'y intégrer un double bossage aérodynamique prolongeant les appuis-tête, réinterprétation habile de la signature visuelle du coupé. A l'intérieur, la vocation strictement biplace s'affirme par le retrait des assises arrière du modèle de série, remplacées par un espace de rangement habillé de cuirs fins.
Aston
Martin DB AR1 Zagato - Selon le même schéma logistique que la version fermée, les panneaux de carrosserie sont façonnés en Italie avant l'assemblage final en Angleterre. Limité lui aussi à strictement quatre-vingt-dix-neuf exemplaires, ce découvrable de l'extrême rencontre un engouement immédiat. La totalité de la production trouve preneur en l'espace de seulement trois semaines. 2004, Aston Martin V12 Vanquish Roadster Zagato Présentée au Salon de Genève 2004, l'Aston Martin V12 Vanquish Roadster Zagato est un modèle unique. L'atelier italien n'a pas redessiné entièrement le véhicule donneur, mais a transformé le coupé de série en un roadster sculptural, tout en conservant intacte l'identité de sa face avant. Sa poupe se dote d'une ligne fuselée qui accentue le galbe des ailes, d'un bouclier inédit et d'optiques circulaires. Pour affronter les saisons, la voiture dispose d'un toit rigide amovible qui s'intègre comme une extension naturelle de la carrosserie, ainsi que d'une capote souple simplifiée pour les imprévus. Surtout, le couvercle de coffre en verre trempé adopte le célèbre double bossage. L'habitacle se pare d'une sellerie rouge vif aux motifs de coutures exclusifs, créant un contraste saisissant avec la livrée bleu métallisé et les inserts en métal anodisé.
Aston Martin V12 Vanquish Roadster Zagato
- 2006, Ferrari 575 GTZ Présentée au prestigieux Concours d'Élégance de la Villa d'Este en avril 2006, la Ferrari 575 GTZ naît d'une commande spéciale du richissime collectionneur japonais Yoshiyuki Hayashi. Désireux de célébrer le cinquantième anniversaire de la mythique 250 GT Berlinetta Zagato de 1956, ce passionné sollicite le carrossier milanais pour réhabiller le châssis et la mécanique de sa 575M Maranello. Officiellement homologué par la firme au cheval cabré, le projet se concrétise par une production qui s'étale jusqu'en 2008.
Ferrari 575 GTZ - Alors que l'atelier prévoit initialement cinq exemplaires, un client exigeant en commande un second, ce qui porte le volume total à six unités. La ligne de cette berlinette opère une synthèse entre les proportions d'une GT des années 2000 et les volumes galbés des années 1950, sans jamais sombrer dans le néo-rétro caricatural. Son identité visuelle repose sur des références historiques habilement intégrées. La proue adopte une large calandre ovoïde basse associée à des optiques carénées en amande qui épousent le relief des ailes. Le profil se distingue par des écopes latérales sculptées, tandis que la poupe tronquée accueille de sombres feux ronds minimalistes encastrés dans la carrosserie.
Ferrari 575 GTZ
- 2007, Diatto Ottovù Exposée au Salon de Genève 2007, la Diatto Ottovù par Zagato célèbre le centenaire des liens entre le constructeur turinois Diatto et le carrossier milanais. Cette création fait revivre une marque disparue depuis 1929 sous la forme d'un coupé grand tourisme. Sa carrosserie en aluminium, façonnée à la main, affiche des flancs d'une grande pureté, débarrassés de tout joint superflu grâce à l'intégration fluide des boucliers. Sous ce profil sculptural prend place un V8 d'origine Ford porté à 500 ch, un bloc qui justifie le nom " Ottovù ", traduisant simplement V8 en italien. La production se limite à deux exemplaires.
Diatto
Ottovù
- 2007, Ferrari 550 Barchetta Zagato Le traitement esthétique appliqué à cette Ferrari 550 Barchetta transforme radicalement la silhouette originelle dessinée par Pininfarina en s'inspirant directement de celui accordé à la 575 GTZ de 2006, tout en adoptant une carrosserie cabriolet. Alors que le modèle d'usine ne dispose que d'une capote en toile amovible de secours, Zagato conçoit un toit souple à commande électro-hydraulique entièrement escamotable. L'artisan milanais intègre ce mécanisme complexe dans ses ateliers pour les trois seuls exemplaires fabriqués.
Ferrari 550 Barchetta Zagato
- 2007, Maserati GS Zagato Modèle unique, la Maserati GS Zagato naît d'une commande de Paolo Boffi, industriel et designer de mobilier haut de gamme. Ce dernier sollicite le carrossier milanais pour concevoir une robe entièrement personnalisée sur la base mécanique de sa Maserati GranSport Spyder. Norihiko Harada imagine alors une carrosserie moderne qui rend hommage à la Maserati A6G/54 Berlinetta Zagato de 1954. En privilégiant le châssis du cabriolet à celui du coupé de série, le designer tire parti d'un empattement raccourci de 18 cm, ce qui dicte des proportions particulièrement compactes et dynamiques. La silhouette fastback se débarrasse de toute ligne superflue pour offrir des flancs lisses d'une grande pureté. Au delà de l'esthétique, cette structure en aluminium permet d'alléger le véhicule de près de 180 kg par rapport au modèle de série, ce qui optimise considérablement ses performances et son agilité.
Maserati GS Zagato
- Affirmer que Zagato joue toujours sur le même registre stylistique n'est pas une exagération, mais une lecture exacte de l'ADN de la maison. Contrairement à Pininfarina ou Bertone, qui cherchent souvent à réinventer leur langage visuel selon les époques, l'artisan milanais cultive une approche presque obsessionnelle de ses propres codes. Le fameux toit à double bossage, la poupe tronquée issue des théories aérodynamiques de Wunibald Kamm, la calandre béante et les vitrages latéraux remontant vers l'arrière forment une signature immuable. Cette persistance relève d'une stratégie délibérée. L'atelier ne cherche pas à plaire au grand public ni à suivre les modes, mais applique une recette historique, quitte à donner une impression de redite d'un projet à l'autre.
Maserati GS Zagato
- 2007, Spyker C12 Zagato La Spyker C12 Zagato naît de la rencontre entre Victor Muller, l'homme qui a fait renaître la marque néerlandaise en 1999, et Andrea Zagato. Présentée au Salon de Genève en mars 2007, cette supercar célèbre l'engagement éphémère du constructeur en Formule 1. L'innovation majeure réside dans l'intégration d'éléments d'aérodynamique directement transposés de la monoplace F8-VII. Le nez plongeant imite ainsi l'aileron avant d'une F1, tandis que des écopes supérieures, des cheminées d'extraction thermique et un diffuseur arrière rompent avec le classicisme habituel du constructeur. Sur le plan technique, l'artisan greffe une carrosserie inédite sur le châssis allongé de la C12 Spyder et retient un bloc W12 de 6 litres d'origine Volkswagen développant 500 ch. Alors que la firme prévoit initialement une série limitée à 24 exemplaires, des difficultés financières chroniques et le recentrage des ressources sur la gamme C8 entraînent l'annulation pure et simple du projet dès la fin de l'année 2007. En dehors du prototype d'exposition, aucune autre unité ne voit le jour.
Spyker C12 Zagato
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Spyker C12 Zagato
- 2008, Bentley Continental GTZ Contrairement à d'autres constructeurs comme Aston Martin ou Alfa Romeo, qui collaborent de manière répétée avec le carrossier milanais tout au long du XXe siècle, Bentley n'affiche aucune création signée Zagato avant la présentation de la Continental GTZ au Salon de Genève 2008. La quasi-totalité des panneaux d'origine cède sa place à une carrosserie originale en aluminium, ce qui permet d'alléger le véhicule d'environ 100 kg. Les flancs gagnent en agressivité grâce à des ailes arrière fortement galbées et à une poupe entièrement redessinée, qui intègre des feux ronds à LED au dessin minimaliste. A l'avant, la calandre d'origine s'élargit et se verticalise pour accentuer le caractère théâtral de l'automobile, tandis que le pare-brise et les optiques frontales demeurent inchangés par rapport au modèle de série. La production totale se limite à neuf exemplaires.
Bentley Continenta GTZ
- 2009, Perana Z-One Perana n'est pas un constructeur automobile traditionnel, mais une signature historique d'Afrique du Sud, célèbre dans les années 1960 et 1970 pour avoir transformé des modèles Ford de grande diffusion en redoutables engins de course grâce à l'implantation de puissants moteurs V8. Ce blason renaît au Salon de Genève 2009 avec la présentation de la Z One. Le financement repose sur la création de la coentreprise Perana Performance Group, initiée par Jimmy Price, fondateur et dirigeant de la structure industrielle Hi Tech Automotive. Pour réunir les fonds nécessaires au développement de l'entreprise, ce dernier sollicite un cercle de proches entrepreneurs, tous passionnés d'automobile et figures du milieu de la course dans leur pays. Ce consortium d'investisseurs privés apporte le capital initial, tandis que l'usine de Port Elizabeth fournit l'infrastructure technique destinée à l'assemblage et à la fabrication du châssis.
Perana Z-One
- Le style de la carrosserie se distingue par des proportions extrêmement tendues, magnifiées par de longues courbes dynamiques. L'arrière tronqué se combine avec un capot interminable dicté par la position centrale avant très reculée du moteur, un bloc V8 de 6,2 litres d'origine General Motors. Le coupé est pensé dès l'origine pour une production exclusive. Les prévisions tablent sur une cadence ambitieuse de 999 exemplaires par an, avec un tarif affiché volontairement compétitif pour une conception signée Zagato, afin de concurrencer directement les références établies du segment de prestige. Cependant, la période d'assemblage sous ce nom reste extrêmement éphémère et confidentielle, s'étendant principalement entre 2009 et 2011. A la suite de restructurations financières, seule une dizaine de prototypes et de modèles de présérie sortent des ateliers locaux avant que l'aventure ne s'arrête, pour finalement resurgir en 2012 sous une identité au passé plus affirmé, celle de l'AC 378 GT Zagato.
Perana Z-One
- 2011, Alfa Romeo TZ3 Stradale L'Alfa Romeo TZ3 Stradale s'inscrit dans la lignée des Giulia TZ et TZ2 des années 1962 à 1966, déjà carrossées par Zagato. Présentée en 2011, elle concrétise, après la version Corsa de 2010, la seconde phase d'un programme né pour célébrer le centenaire de la marque au trèfle. Sa production demeure extrêmement confidentielle, l'atelier n'en assemblant que neuf exemplaires.
Alfa Romeo TZ3 Stradale, 2011. Copyright Sur le plan stylistique, son élément le plus marquant réside dans sa poupe tronquée, un choix qui permet de réduire la traînée aérodynamique et d'optimiser la circulation des flux. Ce traitement arrière intègre une vitrine sombre qui se prolonge verticalement. A l'avant, un capot interminable s'associe à des galbes musclés, des phares sous globe et la fameuse calandre de la firme.
Alfa Romeo TZ3 Stradale
- L'audace, voire l'hérésie pour les puristes, se cache toutefois sous cette robe en fibre de carbone. Pour la première fois de son histoire, une Alfa Romeo adopte une plate-forme américaine en reprenant le châssis et le moteur V10 de 8,4 litres de la Dodge Viper ACR, une union rendue possible par la prise de participation de Fiat dans le capital de Chrysler. 2012, Aston Martin V12 Zagato Conçue officiellement pour célébrer le cinquantième anniversaire de la collaboration entre Aston Martin et Zagato, l'Aston Martin V12 Zagato se déleste de 100 kg par rapport au modèle de série grâce à une carrosserie alliant aluminium formé à la main et éléments en fibre de carbone. Les montants latéraux peints en noir créent l'illusion d'une verrière continue. A l'arrière, les blocs optiques ronds rompent avec le style horizontal habituel, tandis qu'un imposant aileron en carbone et un diffuseur proéminent affirment les gènes de course de l'engin. La calandre dissimule un motif tridimensionnel complexe, entièrement composé de lettres Z imbriquées, un détail d'une précision chirurgicale qui rappelle l'exclusivité du projet.
Aston Martin V12 Zagato
- C'est à Gaydon, au sein des ateliers de la marque britannique, que les artisans façonnent le métal sur des gabarits en bois traditionnels, avant d'y assurer le montage final et la peinture. Cette fabrication artisanale s'avère si complexe et chronophage qu'elle explique pourquoi le constructeur doit revoir ses ambitions à la baisse, le coût et le temps devenant prohibitifs pour atteindre les cent cinquante unités initialement prévues. Ainsi, entre la fin de l'année 2012 et le milieu de l'année 2013, chaque exemplaire requiert deux mille heures de travail. Le registre officiel ne comptabilise finalement que 65 unités au total, un volume qui englobe deux prototypes de compétition, deux modèles de pré-série et soixante et une voitures de route destinées à la clientèle, affichées à leur lancement à près du double du prix d'une V12 Vantage standard.
Aston Martin V12 Zagato
- L'histoire de la V12 Zagato illustre parfaitement la mutation de la carrosserie italienne. Le nom de la maison milanaise s'appose désormais sur des créations dont la fabrication est totalement externalisée. Si le studio milanais signe le dessin, l'industrialisation et l'assemblage basculent chez les constructeurs ou des sous-traitants spécialisés, transformant l'artisan historique en un simple bureau de style et de branding de luxe. Cette pratique ne se limite d'ailleurs pas à ce partenariat britannique. Ainsi, l'Alfa Romeo SZ des années 1990, bien que frappée du Z emblématique, sort des ateliers d'Arese ou de chez d'autres partenaires. De nombreuses séries ultra-limitées modernes suivent aujourd'hui cette même logique, où le savoir-faire manuel se déplace de Milan vers les structures de pointe des grands groupes automobiles. 2012, AC 378 GT Zagato Dévoilée au Salon de Genève 2012, l'AC 378 GT Zagato est le fruit d'un recyclage industriel. Sa genèse débute trois ans plus tôt, en 2009, sous le nom de Perana Z-One. Face aux turbulences financières de son promoteur initial, le projet bat de l'aile avant d'être opportunément récupéré et rebadgé par AC Cars. Cette opération ressuscite une alliance ancienne, puisque les liens entre la firme britannique et le carrossier milanais remontent à 1957, année de naissance de l'unique AC Ace Bristol Zagato, une berlinette de compétition en aluminium. Plus d'un demi-siècle plus tard, la 378 GT tente de réactiver cette union. Jimmy Price, fondateur et dirigeant de la structure Hi-Tech Automotive, demeure au cœur de l'aventure. Son usine installée en Afrique du Sud assure la construction physique de l'auto en fournissant le châssis tubulaire en acier et en assemblant les éléments mécaniques, lesquels demeurent identiques à ceux du concept d'origine.
AC 378
GT Zagato
- Il s'agit en réalité d'une opération de pur branding, typique des soubresauts modernes de la marque. Intégralement fabriquée au sein des ateliers de Hi-Tech Automotive, la voiture ne se rattache à l'artisan anglais que par son écusson prestigieux, une astuce commerciale destinée à capitaliser sur le glorieux passé de la maison. Sous son long capot, le coupé abrite en position centrale avant un bloc V8 LS3 de 6,2 litres d'origine General Motors emprunté à la Chevrolet Corvette. Développant une puissance de 437 ch, ce moteur atmosphérique transmet sa cavalerie aux seules roues arrière. Si la sportive dispose de l'ABS, elle fait l'impasse sur tout contrôle de traction ou de trajectoire, privilégiant ainsi une conduite qui se veut authentique. Bien qu'aucun registre officiel ne soit publié, la production totale cumulée des Perana Z-One et des rarissimes exemplaires badgés AC s'avère encore plus confidentielle qu'annoncé, ne dépassant pas 15 unités au total.
AC 378
GT Zagato
- 2012, BMW Zagato Coupé Dévoilé au Concours d'Elégance de la Villa d'Este en mai 2012, le BMW Zagato Coupé naît d'une discussion entre Adrian van Hooydonk, directeur du design du groupe allemand, et Andrea Zagato. Pour concevoir cette silhouette sur la base technique d'une Z4 de génération E89, une équipe restreinte s'attelle à la tâche sous la direction de Norihiko Harada et de Karim Habib, alors responsable du style de BMW. Marella Rivolta-Zagato orchestre de son côté la direction artistique, sélectionnant les teintes ainsi que les garnitures intérieures.
BMW Zagato Coupé
- Visuellement, la célèbre calandre abandonne ses barrettes verticales au profit d'un maillage composé d'une multitude de petites lettres Z mates. Le toit à double bossage contribue à la rigidité structurelle du coupé. Les ailes musclées aboutissent sur une poupe tronquée de type Kammback, où un panneau de verre teinté sombre dissimule subtilement les blocs optiques sous un becquet intégré, les faisant quasiment disparaître lorsqu'ils sont éteints. La carrosserie reçoit une peinture exclusive nommée Rosso Vivace, dont l'application successive d'une couche noire, d'une base argentée métallisée et de six couches d'un rouge profond offre des reflets changeants selon la lumière.
BMW Zagato Coupé
- L'auto demeure un exemplaire unique. Face à l'enthousiasme suscité par cette création, les deux partenaires donnent une suite à cette collaboration dès le mois d'août 2012 au Concours d'Élégance de Pebble Beach, en dévoilant une seconde déclinaison exclusive, la BMW Zagato Roadster.
BMW Zagato Roadster
- 2013/14, Aston Martin Centennial Zagato L'Aston Martin DBS Centennial Zagato rompt délibérément avec les rondeurs organiques habituelles de la firme pour embrasser un style nettement géométrique. Elle célèbre le centenaire du constructeur, fondé en 1913 sous le nom de Bamford & Martin avant d'adopter son appellation définitive en 1915. Norihiko Harada, puise son inspiration dans les lignes tendues d'anciens modèles de la maison, notamment la DBS originale de William Towns apparue en 1967 et la V8 Vantage Zagato de 1976.
Aston
Martin DBS Coupé Centennial - Les codes stylistiques traditionnels se trouvent réinterprétés. La proue délaisse la calandre historique pour une immense grille rectangulaire chromée qui englobe totalement des optiques effilées, dessinant un regard renfrogné. De son côté, la poupe tronquée élimine toute fioriture grâce à des feux horizontaux minimalistes à LED incrustés dans un panneau concave, ce qui élargit visuellement l'assise du véhicule.
Aston
Martin DBS Coupé Centennial - Seuls trois exemplaires voient le jour, déclinés chacun dans une silhouette différente. Cette trilogie comprend également le cabriolet DB9 Spyder Zagato Centennial et un break de chasse, la Virage Shooting Brake Zagato, présentée un an plus tard pour compléter cette famille exclusive sans toutefois porter (et pour cause) officiellement le nom de Centennial. Sur cette dernière, Harada parvient à greffer un pavillon allongé et un hayon fortement incliné sur la structure en aluminium, façonnant une ligne de toit fuyante d'une grande fluidité où le double bossage s'intègre de manière inédite.
Aston
Martin Virage Shooting Brake 2013, Porsche Carrera GTZ La Porsche Carrera GTZ réinterprète la version de série. Alors que le modèle original, produit à 1 270 unités entre 2003 et 2006, naît sous la direction stylistique de Harm Lagaay, cette déclinaison très exclusive voit le jour en 2013 à la demande d'Ernst Berg, pilote engagé notamment au Mans en 1977, carrossier à l'origine de la Supercinq EBS et collectionneur. La production se limite finalement à six exemplaires au total, cinq autres voitures étant réalisées en 2018 et 2019.
Porsche Carrera GTZ - Le bouclier avant est subtilement adouci avec une calandre redessinée et des prises d'air retravaillées pour accentuer la fluidité. Le capot arrière en carbone d'origine fait place à un nouvel élément mieux profilé, intégrant le double bossage. Le bouclier arrière est totalement inédit, intégrant un diffuseur spécifique et des sorties d'échappement retravaillées. L'habitacle fait l'objet d'une finition sur mesure selon les désirs de chaque propriétaire, incluant une sellerie en cuir exclusive et des inserts spécifiques, tout en conservant l'architecture de la console centrale d'origine.
Horacio Pagani et sa Porsche Carrera GTZ - 2014, Lamborghini 5-95 Dévoilée en mai 2014 au Concours d'Élégance de la Villa d'Este, la Lamborghini 5-95 Zagato célèbre le quatre-vingt-quinzième anniversaire du carrossier milanais ainsi que le cinquantenaire de sa première collaboration avec la marque au taureau, avec la 350 GTZ présentée en 1965. Commandée à l'origine comme un exemplaire unique par le collectionneur et industriel suisse de la charcuterie Albert Spiess, cette création repose sur le châssis en aluminium de la Gallardo LP 570-4 Superleggera, dont elle conserve le moteur V10 de 570 ch. Face à l'enthousiasme suscité par sa présentation, Zagato prolonge l'aventure et produit cinq unités supplémentaires. Norihiko Harada choisit de réinterpréter la sensualité et la fluidité des carrosseries des années 1960, tout en y intégrant des éléments modernes. L'avant se distingue par une calandre flottante inspirée de celle de la Zagato Raptor de 1996. A l'arrière, les feux ronds s'insèrent dans une grille texturée noire conçue pour optimiser l'extraction thermique.
Lamborghini 5-95 Zagato Coupé - 2015, Mostro Zagato powered by Maserati Présentée au Concours d’Elégance de la Villa d’Este en mai 2015 pour célébrer le centenaire de Maserati, la Mostro Zagato powered by Maserati rend hommage à la Maserati 450S Coupé Zagato de 1957. Surnommé " Il Mostro " en raison de sa puissance et de ses lignes hors normes, ce modèle naît sous les crayons de l'ingénieur en aérodynamique Frank Costin. Retouché chez Zagato, qui façonne l'essentiel des panneaux en aluminium, il est finalisé en urgence dans l'atelier milanais de Medardo Fantuzzi pour Stirling Moss en vue des 24 Heures du Mans.
Mostro Zagato powered by Maserati
- La réinterprétation moderne adopte les proportions spectaculaires d'un grand tourisme classique, avec un long capot plongeant et un habitacle très reculé. Galbées et proéminentes, les ailes avant s'étirent vers la poupe, elle-même dominée par un immense aileron fixe et des optiques minimalistes. Les portières à ouverture en élytre ajoutent une touche théâtrale à la silhouette. Sous la carrosserie, l'air chaud du V8 central avant de 400 ch s'extrait par de larges ouïes dissimulées derrière les passages de roues.
Mostro Zagato powered by Maserati
- Cinq exemplaires voient le jour en 2015, tous cédés à des collectionneurs avant même le lancement officiel. Cette série exclusive s'enrichit en 2022 d'une version découvrable baptisée Mostro Barchetta Zagato. Egalement limitée à cinq unités, elle porte le volume total de cette lignée à dix véhicules.
Mostro Zagato powered by Maserati
- 2015, Thunder Power Sedan Présentée sous la forme d'un concept car au Salon de Francfort en 2015, la berline électrique de la start-up taïwanaise Thunder Power naît des crayons de l'équipe de Norihiko Harada. Sa face avant arbore une imposante calandre ovoïde aux motifs de cercles concentriques. Cette grille évoque des vagues d'énergie en mouvement et tranche délibérément avec l'absence habituelle d'aération sur ce type de véhicule. Pour compléter la signature visuelle, le carrossier milanais intègre des blocs optiques sculptés en forme de virgule, dont la ligne s'étire loin sur les ailes avant.
Thunder
Power Sedan
- Bien que cette présentation initiale laisse présager une commercialisation rapide, des retards d'homologation, des difficultés financières et des réorientations stratégiques vers des citadines paralysent le programme. L'usine d'assemblage envisagée en Europe ne voit jamais le jour et le projet finit par s'éteindre, alors même que l'entreprise tente de se restructurer autour de nouveaux concepts.
Thunder
Power Sedan
- 2016, Ferrari 599 GTZ Nibbio Zagato La Ferrari 599 GTZ Nibbio Zagato voit le jour à neuf exemplaires entre 2017 et 2020. L'atelier milanais assemble ainsi trois coupés et six déclinaisons découvrables. Le style de cette berlinette opère une rupture nette avec les traits de la 599 GTB Fiorano de série, produite de 2006 à 2012. A l'avant, la calandre s'élargit pour former une immense bouche grillagée ovale. Cette entrée d'air s'entoure d'écopes proéminentes, tandis que les optiques entièrement redessinées s'étirent le long des ailes. Norihiko Harada abandonne la poupe verticale du modèle d'origine au profit d'un profil fuyant. Les feux ronds cèdent leur place à des ensembles à LED, rejetés sur les extrémités supérieures. Le double bossage s'étire derrière le pavillon du coupé et se prolonge sur le couvre-capote du Spyder.
Ferrari 599 GTZ
Nibbio Zagato
- 2017, Aston Martin Vanquish Zagato Dévoilée au Concours d'Élégance de la Villa d'Este en 2016 puis produite de 2017 à 2019, l'Aston Martin Vanquish Zagato marque l'un des sommets du partenariat historique entre le constructeur britannique et le carrossier italien. Sa face avant arbore une calandre surdimensionnée qui intègre de puissants feux de jour ronds à LED, tandis que le profil se distingue par des ouïes latérales s'étirant des passages de roues jusqu'à la naissance des portières. A la poupe, la signature lumineuse se réinvente au moyen d'optiques évoquant des turbines. Afin de préserver l'exclusivité du modèle, la production totale se limite à 325 exemplaires. Cette série se décline en quatre variantes de carrosserie : 99 Coupés, 99 Volante, 99 Shooting Brake et seulement 28 Speedsters.
Aston Martin
Vanquish Zagato
- Cette profusion de carrosseries sur une même base technique soulève inévitablement une interrogation sur la nature même de la haute couture automobile. En déclinant la Vanquish Zagato en quatre variantes distinctes pour atteindre 325 exemplaires, on peut légitimement se demander si les partenaires ne tirent pas excessivement sur la ficelle du marketing de la rareté. A l'origine, le carrossier italien incarnait l'artisanat du sur-mesure absolu, le fuoriserie unique ou produit à une poignée d'unités pour la compétition ou des gentlemen drivers. En industrialisant ainsi l'exclusivité, Zagato prend le risque de diluer son âme et de transformer un geste artistique en une recette commerciale prévisible. Cette stratégie s'apparente à une industrialisation du prestige où le badge du carrossier devient un argument de différenciation pour une production qui, bien que limitée, reste standardisée par des processus d'usine modernes.
Aston Martin
Vanquish Zagato Volante
- Pourtant, si l'on écarte le procès en mercantilisme, cette série de modèles impose de reconsidérer la figure de Norihiko Harada. Aux commandes du style Zagato, le designer japonais accomplit un tour de force conceptuel majeur en parvenant à transposer les codes historiques milanais (rationalisme, tension des lignes, compacité) sur les proportions imposantes des plates-formes modernes. Si Zagato ne perd pas son âme, c'est parce que Harada réussit à maintenir une intégrité sculpturale face aux contraintes d'homologation contemporaines. Cela invite à le placer parmi les plus grands créateurs du siècle, car il est l'un des rares à savoir faire cohabiter la nostalgie des formes d'avant-garde avec les exigences techniques du vingt-et-unième siècle.
Aston Martin
Vanquish Zagato Shooting Brake
- Néanmoins, cette quête perpétuelle de la réinterprétation des mêmes gimmicks visuels (le double bossage, la calandre béante ...) donne parfois l'impression que le style Zagato tourne en rond, prisonnier de ses propres mythes. A force de décliner ces signatures sur chaque projet, le design flirte avec le maniérisme et la répétition. Cette sensation de circularité esthétique s'inscrit plus largement dans une forme d'overdose globale qui sature le marché des supercars et des éditions limitées. Les constructeurs multiplient les séries spéciales, les modèles commémoratifs et les partenariats prestigieux, créant une lassitude chez les amateurs et une confusion dans la hiérarchie de la rareté. Quand tout devient exclusif, plus rien ne l'est vraiment.
Aston Martin
Vanquish Zagato Speedster
- Ce phénomène n'est rendu possible que par l'émergence d'une clientèle nouvelle d'hyper-riches, dont la structure et les aspirations diffèrent radicalement des fortunes du siècle dernier. Cette oligarchie financière globale, enrichie par la tech, la finance dérégulée ou l'immobilier mondialisé, envisage l'automobile non plus seulement comme un objet de passion mécanique, mais comme un actif financier alternatif et un marqueur de statut instantané sur la scène internationale. Pour cette clientèle, la dimension technique devient secondaire par rapport à la rareté garantie par le constructeur. L'automobile de prestige subit ainsi une mutation philosophique profonde. Elle quitte le champ de l'ingénierie et de l'aventure industrielle pour devenir un pur objet d'art spéculatif, une sculpture dont la valeur est indexée sur sa capacité à saturer l'espace visuel tout en restant inaccessible au commun des mortels.
Aston Martin
Vanquish Zagato Speedster
- 2017, Iso Rivolta Vision Gran Turismo Dévoilée en octobre 2017 au Salon de Tokyo, l’Iso Rivolta Vision Gran Turismo naît de la convergence entre le virtuel et le réel. Ce projet s’inscrit dans le programme Vision Gran Turismo, une initiative par laquelle le studio Polyphony Digital, sous la direction de Kazunori Yamauchi, invite les constructeurs à concevoir des machines affranchies des contraintes de la production en série. L'atelier Zagato saisit cette opportunité pour offrir une tribune internationale au blason de la famille Rivolta, marque historique au prestige parfois jugé secondaire. En réalité, cette création repose sur un lien intime. Marella Rivolta Zagato est la petite-fille de Renzo Rivolta, le fondateur d'Iso, et la fille de Piero, qui dirige l'entreprise jusqu'à sa fermeture en 1974. En épousant Andrea Zagato dans les années 1990, héritier de la célèbre carrosserie milanaise, elle unit deux dynasties de l’automobile italienne. En tant que directrice artistique du studio et garante du patrimoine familial, elle initie le réveil du nom Iso Rivolta. Son objectif consiste alors à tester la résonance du label auprès des nouvelles générations pour, à terme, légitimer la production de modèles réels en série limitée. Le designer Norihiko Harada adopte le concept de carrosserie flottante. Les ailes semblent se désolidariser du bloc central, créant de profonds canaux aérodynamiques qui sculptent les flancs afin d'optimiser l’écoulement de l'air. A l'avant, le capot plongeant arbore le griffon d'Iso, tandis que le toit adopte le double bossage emblématique. Les proportions très basses, le pare-brise enveloppant façon cockpit d'avion et les optiques acérées soulignent une agressivité latente. Sous cette robe spectaculaire, la voiture, restée un modèle unique, repose sur un châssis monocoque en carbone sur mesure et s'anime grâce à un puissant V8 Corvette biturbo.
Iso Rivolta Vision Gran
Turismo - 2020, Aston Martin DBS GT Zagato Aston Martin et Zagato ne manquent jamais une occasion de souffler des bougies, au point de faire sourire par cette frénésie d'anniversaires. Cette fois, la DBS GT Zagato célèbre le centenaire du carrossier milanais ainsi que soixante ans d'une alliance historique initiée par la mythique DB4 GT Zagato. Pour honorer l'événement, les deux partenaires déploient une stratégie commerciale au sommet du cynisme élitiste, rendant impossible l'achat de ce modèle à l'unité. Le véhicule s'acquiert uniquement au sein de la DBZ Centenary Collection, un duo indissociable comprenant cette création moderne et une réédition historique, la DB4 GT Zagato Continuation. L'ensemble s'affiche au tarif vertigineux d'environ six millions de livres sterling hors taxes à son lancement, tout en se limitant à dix-neuf exemplaires par modèle.
Aston
Martin DBS GT Zagato - La silhouette repose sur les bases techniques de la DBS Superleggera, mais subit une métamorphose esthétique totale. Les ailes avant abandonnent les ouïes d'aération traditionnelles pour privilégier la pureté du profil. Les lignes latérales sont plus sculpturales. Le toit en fibre de carbone adopte le double bossage qui s'étire de manière ininterrompue jusqu'à la poupe. Cette continuité du carbone élimine la lunette arrière, ce qui impose l'intégration d'un système de rétrovision numérique par caméra. De son côté, la calandre composée de cent huit éléments mobiles en forme de losange s'anime de façon spectaculaire. Dès que le moteur V12 s'éveille, ces volets pivotent pour laisser respirer la mécanique, offrant un chef-d'œuvre de complexité cinétique parfaitement inutile, mais qui assure le spectacle.
Aston
Martin DBS GT Zagato - 2020, Iso Rivolta GTZ Porté par l'intérêt du public pour l'Iso Rivolta Vision Gran Turismo de 2017, Zagato présente en 2020 ce coupé néo-rétro qui rend hommage à l'Iso Grifo A3/C de 1963. Le projet naît sous l'impulsion de Marella Rivolta et de son mari Andrea Zagato. Le couple relance la formule historique du constructeur en associant l'élégance transalpine à la puissance brute d'un bloc américain, le V8 LT4 suralimenté d'une Chevrolet Corvette C7 Z06. Si la fibre de carbone remplace l'aluminium d'autrefois, le designer Norihiko Harada réinterprète fidèlement les éléments identitaires de la version originale. Le style conserve les proportions classiques du grand tourisme avec un capot interminable, une ligne de toit fuyante et un habitacle très reculé. A l'avant, les phares ronds s'encastrent dans les ailes, tandis que la double prise d'air horizontale rappelle la silhouette du modèle d'époque. La production de cette série exclusive se limite à 19 exemplaires, tous assemblés entre 2020 et 2021.
Iso Rivolta GTZ - 2020, Aston Martin V12 Zagato Heritage Coupé et Speedster par R-Reforged L’Aston Martin V12 Zagato Heritage Coupé par R-Reforged s'habille d'une carrosserie entièrement drapée de fibre de carbone. Ces dix-neuf exemplaires ne sortent ni des usines Aston Martin, ni des ateliers Zagato, mais de la structure R-Reforged à Warwick, qui les assemble entre 2020 et 2021. Ce modèle fermé se commercialise exclusivement au sein des Heritage Twins, un duo indissociable qu'il forme avec sa déclinaison Speedster, elle aussi produite à dix-neuf unités, pour un tarif avoisinant les deux millions d'euros. Filiale du groupe suisse AF Racing, R-Reforged s'impose comme un orfèvre de l'automobile spécialisé dans les séries très limitées, le sur-mesure et le " restomod ". Si le montage final incombe au site britannique, le siège opérationnel et le studio de personnalisation se situent dans le canton de Saint-Gall. C'est au cœur de cet écrin helvétique que les clients définissent l'identité visuelle de leur monture en choisissant les nuances de peinture, les textures de l'habitacle et les détails de la sellerie.
Aston
Martin V12 Zagato Heritage Coupé et Speedster par R-Reforged - 2022, Alfa Romeo Giulia SWB Zagato Pour célébrer un siècle de collaboration avec la marque au Biscione depuis la Tipo G1, l'atelier milanais dévoile en décembre 2022 l'Alfa Romeo Giulia SWB Zagato. Ce coupé biplace unique, développé à la demande d'un riche collectionneur allemand, repose sur la plateforme de la berline contemporaine, dont les ingénieurs raccourcissent l'empattement pour optimiser l'agilité. Sous une carrosserie exclusive en fibre de carbone, la voiture abrite le bloc V6 biturbo de 2,9 litres développant 540 ch, emprunté à la radicale Giulia GTAm. Le design extérieur multiplie les clins d'œil historiques. La proue agressive adopte des optiques à triple module inspirées de la SZ des années 1990, disposées de part et d'autre d'un immense écusson central.
Alfa Romeo Giulia SWB Zagato - 2024, AGTZ Twin Tail L'AGTZ Twin Tail naît sous l'impulsion du distributeur polonais de supercars La Squadra. Conçue sur la base technique moderne de l'Alpine A110, cette création adopte une silhouette orchestrée par Norihiko Harada. Ses lignes s'inspirent des prototypes d'endurance des années soixante, plus précisément de l'Alpine A220 engagée aux 24 Heures du Mans en 1968 et 1969. La véritable innovation du modèle réside dans sa carrosserie transformable. L'acheteur dispose d'une extension " longue queue " en fibre de carbone qui étire le véhicule à 4,80 mètres afin d'optimiser l'aérodynamisme. En quelques manipulations, ce panneau profilé se retire pour révéler une version " queue courte " de 4,30 mètres, mieux adaptée à un usage quotidien.
AGTZ
Twin Tail, queue courte, 2025 - Cette métamorphose impose l'intégration de deux jeux distincts de feux arrière, avec des optiques fines logées sous la structure fixe et d'autres éléments intégrés au module amovible. Au-delà de cette poupe interchangeable, le designer réinvente intégralement les panneaux de carrosserie. La face avant reçoit d'immenses optiques galbées, tandis que le capot plongeant accentue le dynamisme de l'ensemble. Le profil se distingue par des flancs redessinés, des vitrages latéraux sur mesure et un pavillon qui arbore le traditionnel double bossage, le tout complété par des jantes flasquées. La production de l'AGTZ Twin Tail débute en 2024 pour une série limitée à dix-neuf exemplaires assemblés à la main chez Zagato, à un tarif fixé à 650 000 euros hors options.
AGTZ
Twin Tail, queue longue, 2025 - 2025, Capricorn 01 Zagato La Capricorn 01 Zagato naît en 2025 de l'alliance entre le spécialiste allemand des composants de haute technicité, Capricorn Group, et le carrossier milanais. Vendre une hypercar à près de trois millions d’euros sous cette signature semble un pari osé pour une marque inconnue du grand public. Pourtant, sa légitimité s'avère incontestable auprès des spécialistes. Depuis des décennies, le groupe fournit des pièces de pointe, des pistons et des châssis légers aux écuries de Formule 1, de WRC et d'endurance, notamment pour les programmes LMP1 de Porsche ou Peugeot aux 24 Heures du Mans. Ce projet transpose simplement ce savoir-faire de la piste à la route.
Capricorn 01 Zagato - A une époque dominée par l'électrification et les dalles numériques, ce modèle choisit une philosophie puriste avec une mécanique thermique et une boîte manuelle. Sous une carrosserie en fibre de carbone aux galbes généreux, le véhicule rejette tout appendice superflu pour préserver son élégance. De spectaculaires portes papillon s'ouvrent sur un poste de conduite épuré, tandis que la section arrière, trapue, intègre un imposant diffuseur chargé d'assurer l'appui aérodynamique. La structure s'appuie sur un châssis monocoque répondant aux normes de sécurité de la catégorie LMP1, ce qui permet de contenir le poids à sec à 1 200 kg. Pour mouvoir cette GT, les ingénieurs optent pour un moteur V8 de 5,2 litres suralimenté d'origine Ford, profondément revu pour développer plus de 900 ch et grimper jusqu'à 9 000 tours par minute. L'habitacle cultive une atmosphère monacale tournée vers le pilotage. Il bannit les écrans au profit de trois compteurs analogiques classiques. Un volant minimaliste et une massive commande de boîte en métal dominent un espace habillé de matériaux composites, de titane et d'un cuir de haute facture. Chaque élément se concentre sur l'essentiel pour offrir un environnement brut et fonctionnel. Commercialisé par le groupe belge Louyet, ce modèle exclusif se limite à seulement dix-neuf exemplaires, affichés au tarif unitaire de 2,95 millions d'euros.
Capricorn 01 Zagato - 2025, Alfa Romeo 8C DoppiaCoda Zagato Présentée au Concorso d'Eleganza Villa d'Este en mai 2025, l’Alfa Romeo 8C DoppiaCoda Zagato capte les regards par le style inédit de sa partie postérieure, qui inspire la dénomination du modèle. Le carrossier réussit la fusion conceptuelle de deux philosophies aérodynamiques historiques de son patrimoine : la queue ronde (coda tonda) de 1960 et la queue tronquée (coda tronca) de 1961, introduites à l'époque sur l'Alfa Romeo SZ. Cette synthèse morphologique donne naissance à une poupe originale où un aileron tridimensionnel englobe le volume arrière. A l'avant, la face de la 8C d'origine bénéficie d'une refonte complète avec des optiques plus sculptées et des écopes retravaillées qui accentuent l'agressivité du nez en pointe. Cet exemplaire unique, réalisé pour un collectionneur privé italien, conserve le châssis en carbone ainsi que le moteur V8 atmosphérique de 4,7 litres développant 450 ch de l'Alfa Romeo 8C Competizione d'origine.
Alfa Romeo 8C DoppiaCoda
Zagato - 2025, Bovensiepen Zagato La Bovensiepen Zagato marque le début d'une nouvelle ère pour la famille fondatrice d'Alpina. Burkard Bovensiepen crée l'entreprise en 1965, après avoir obtenu la garantie du constructeur pour les véhicules équipés de ses kits de performance. Désormais, sa descendance revendique son indépendance créative à la suite de l'intégration d'Alpina au sein du groupe BMW, au terme d'une transition de quatre ans initiée en mars 2022.
Bovensiepen Zagato - Présentée au Concorso d'Eleganza Villa d'Este en mai 2025, la création naît de l'alliance entre la rigueur technique allemande et le coup de crayon du designer Norihiko Harada. Le style s'émancipe radicalement des lignes de la BMW M4 servant de base. Si les concepteurs partent d'une structure de cabriolet, ils la coiffent d'un pavillon fixe entièrement fermé. Ce stratagème élimine le montant central pour intégrer des vitres latérales totalement escamotables.
Bovensiepen Zagato - La quasi-totalité des éléments d'origine cède sa place à des panneaux sur mesure en fibre de carbone. Chaque exemplaire exige plus de 250 heures de travail artisanal ainsi que l'ajustement de 400 pièces spécifiques dans les ateliers d'origine situés à Buchloe. La production de ce coupé se limite à 99 unités, pour un prix qui avoisine les 500 000 euros selon le degré de personnalisation. A travers ce projet, Bovensiepen dépasse son rôle historique de préparateur pour s'affirmer comme un véritable constructeur de haute couture automobile. |