Albrecht Goertz

Albrecht Goertz - Allemagne - 1914/2006


1914

Naissance le 12 janvier. Son père est un aristocrate allemand, et sa mère est d'origine juive. Albrecht Graf von Goertz se fera appeler plus communément Albrecht Goertz.

Avant 1936

Sa famille le destine à une carrière de banquier. Il apprend ce métier à la Deutsche Bank à Hambourg, puis pour s'éloigner de l'Allemagne Hitlérienne, à Londres au sein de Helbert, Wagg & Co. Mais la banque n'est visiblement pas sa vocation, et ses centres d'intérêt sont ailleurs. 

1936

Souhaitant fuir l'Allemagne, il s'établit à Los Angeles et devient citoyen américain. Il commence par de petits boulots : lavage de voitures, puis ouvrier dans une usine de production de moteurs d'avions.

1938

Il loue un garage et un showroom, et y expose des Ford A et B modifiées par ses soins. A partir d'un châssis de Mercury, il construit un coupé deux portes baptisé " Paragon ". Celui-ci est exposé au Salon de New York en 1939.


Mercury Paragon par Albrecht Goertz

1940

Service militaire au sein de l'US Army.

1945

En route vers New York au volant de sa Paragon, il rencontre par hasard sur le parking de l'hôtel Waldorf-Astoria Raymond Loewy. Goertz est sorti de sa voiture pour regarder celle de Loewy, de même que Loewy a son regard attiré par la Paragon.

Loewy envoi Goertz suivre une formation dans une école de design. A l'issue de cet enseignement, Loewy l'intègre dans ses équipes. Il est chargé d'étudier le restylage de la Champion, et il sera un acteur majeur dans la définition du dessin de la version de 1950 célèbre pour son " bullet nose ".


Studebaker Champion 1950

1952/53

Il créé son propre studio à New York, et fait la connaissance de Max Hoffman, importateur de plusieurs marques européennes aux Etats Unis (Jaguar, Porsche, Lancia, BMW, etc ...). Hoffman sait que BMW a un projet de voiture de sport, et met le designer en relation avec le constructeur de Munich. Goertz se rend en Allemagne, où il travaille à l'élaboration de la 507.

Hoffman a à cette époque pour coutume d'indiquer aux constructeurs européens ce qu'attend la clientèle US des marques européennes. BMW, Mercedes, Porsche, Alfa Romeo ou Lancia sont dès lors régulièrement sollicités afin d'imaginer des automobiles adaptées au public américain. C'est ainsi que naissent les BMW 507, Mercedes 300 SL, Porsche 356 Speedster ou Spyder Lancia Aurelia B20.

Goertz ne travaille pas que pour l'automobile. On lui doit aussi différents objets du quotidien : appareils photos, pianos, vêtements, stylos, horloges, montres, bicyclettes, électroménager ...

1955

La 507 présentée au Salon de Francfort 1955 est unanimement reconnue comme une réussite esthétique, de part l'impression d'équilibre qui s'en dégage, et par la grâce de ses lignes. Elle permet de confirmer le positionnement de BMW dans le haut de gamme. Par contre, et assez paradoxalement, elle ne connaît pas le succès commercial escompté avec seulement 254 voitures fabriquées. 


BMW 507

Le projet de Goertz est mis en concurrence avec celui d'Ernst Loof. Face aux lignes racées de la 507 de Goertz, la proposition du roadster de Loof paraît bien fade.  


BMW 507 par Ernst Loof

La 503 est exposée sur le même stand du Salon de Francfort 1955. Moins impressionnante, médiatiquement, elle va rester dans l'ombre de la 507. Certains la considère pourtant comme la fondatrice de la dynastie des coupés CS des années soixante. Elle fut tout de même produite à 413 exemplaires de 1956 à 1959.


BMW 503, en version coupé et cabriolet

Début des années 60

Il poursuit des collaborations avec Porsche et Nissan.

1964

Datsun présente au Salon de Tokyo 1954 un prototype simplement baptisé " coupé 1500 ". Son dessin est l'oeuvre du designer Kazuo Kimura. A la même époque, Albert Goertz a signé un contrat de consultant avec le constructeur japonais, et il intervient dans la dernière phase du projet. Déjà connu pour son travail avec Raymond Loewy, puis pour BMW, Datsun préfère lui attribuer tout le mérite du dessin de son nouveau coupé. Une signature européenne est toujours plus prestigieuse que celle d'un anonyme designer japonais. Sa commercialisation débute en avril 1965, sous le nom de Silvia. C'est une voiture coûteuse à l'achat, car fabriquée manuellement en très petite série. Au total, 554 exemplaires sont produits et seulement 59 voitures prennent le chemin de l'exportation.


Nissan Silvia

1966

L'origine de la Toyota 2000 GT est à mettre au crédit de Nissan qui charge Albrecht Goertz de dessiner un coupé sportif. Nissan délègue la conception du châssis à Yamaha, qui produit également le prototype. Au dernier moment, Nissan abandonne le projet, et laisse Yamaha libre de le vendre. Toyota l'achète, désireux de commercialiser une voiture de pointe pour promouvoir son image. Ceci dit, la paternité du style de la Toyota 2000 GT prête toujours à discussion : Albrecht Goertz comme souvent évoqué, ou le designer Saturo Nozaki, membre du petit groupe d'ingénieurs Toyota qui a travaillé à l'élaboration de la voiture ?


Toyota 2000 GT

1969

Datsun présente son coupé Fairlady Z au Salon de Tokyo de 1969, connu chez nous sous la désignation 240 Z. Celui-ci vise clairement la Toyota 2000 GT, mais à un prix 2,5 fois moindre que son aînée. De nouveau, il est difficile de définir quelle fut finalement le part de Goertz et celle des designers japonais dans le style de la Fairlady Z. En tout cas, Goertz ne manquait jamais d'affirmer que c'était lui l'auteur de ses lignes, savant mélange entre différentes sources d'inspiration.


Albrecht Goertz et la Fairlady Z


Datsun Fairlaydy Z

1970

Le nouveau studio Eurostyle s'offre les service d'Albert Goertz, qui transforme à sa façon la VW Porsche 914. Celle-ci est présentée lors du Salon de Turin en 1970.

2005

Il est l'invité d'honneur au concours d'élégance de la Villa d'Este.

2006

Décès le 3 novembre à 92 ans


Vous souhaitez corriger ou enrichir les informations de cette page : marioboano@gmail.com

Trombinoscope - Retour au sommaire du site