Carlo Delaisse

Carlo Delaisse - France - 1907/2001
Source : François Vanaret - Photographie optimisée par un outil numérique.


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NB : Le texte suivant constitue une synthèse des travaux de recherche mené par François Vanaret, et développés dans son ouvrage " Des carrosseries à l'automobile, les années 30, âge d'or ou chant du cygne de la carrosserie française ", publié à compte d'auteur. ISBN 97910-96269037.


Carlo Honoré Delaisse naît le 24 juillet 1907 à Paris. Fils de Joseph Robert Delaisse, rentier, et de Lydie-Marthe Thomas De Closmadeuc, il appartient à une famille parisienne possédant des racines bretonnes du côté maternel. Carlo Delaisse a une demi-sœur, née à Glasgow en 1916, ville où son père a résidé un certain temps. Il se marie en 1931 à Chatou, déclarant alors exercer la profession de dessinateur. Après un divorce en 1942, il se remarie en 1945, union dont naît un fils.

Le parcours professionnel de Carlo Delaisse demeure une énigme riche en zones d'ombre. S’il compte parmi les plus grands talents de la carrosserie française, il reste aussi l'un des plus méconnus. Maîtrisant l'anglais, grâce à des années de jeunesse passées avec son père en Grande-Bretagne, il effectue un apprentissage de six mois chez le carrossier James Young. Ses proches décrivent un homme joyeux, doté d'un humour très britannique.

En 1928, il intègre la maison Letourneur & Marchand, fondée en 1905. D'abord auteur de détails stylistiques comme des moulures ou des poignées de porte, il signe ensuite ses premiers dessins de ses initiales entrelacées. En 1936, alors que l'entreprise travaille sur les châssis des nouvelles Delage D8/100 et D8/120, il participe à la conception des carrosseries, de manière autonome ou en concertation avec Marcel Letourneur, le fils du cofondateur. A cette époque, le carrossier de Neuilly-sur-Seine réalise également quelques créations sur base Bugatti 57.

Carlo Delaisse quitte Letourneur et Marchand en septembre 1938 pour entamer une période de collaborations multiples en tant que dessinateur indépendant. Il apporte son influence à Henri Chapron sur des châssis Delahaye et travaille avec Vanvooren. Durant l'Occupation, son parcours s'obscurcit davantage. Il se cache chez le carrossier Kellner pour travailler sur l'aménagement intérieur d'un projet d'hydravion, et ce jusqu'à l'arrestation de Jacques Kellner en novembre 1941. Par ailleurs, des influences croisées avec le renommé Georges Paulin suggèrent que les deux hommes se connaissent.

A la Libération, Carlo Delaisse s'installe dans la demeure familiale du seizième arrondissement. Il devient l'un des premiers stylistes automobiles français indépendants, travaillant à la commande pour des carrossiers comme Chapron, Franay ou Dubos, qui tentent de relancer leur activité après le conflit. Privilégiant l'ombre et la discrétion, il vend ses plans et ses gouaches sans chercher la renommée, ce qui explique la rareté des documents portant sa signature. De cette période naissent des créations majeures, notamment pour Delahaye et Talbot-Lago, sous l'influence grandissante des carrossiers italiens qui imposent alors des lignes sans fioritures et un style résolument ponton.

Talbot-Lago Grand Sport - Collection ALR

En 1952, il officialise son activité en enregistrant un bureau d'études à son domicile. Il signe alors des créations remarquables, dont l'ultime version de la Talbot-Lago Grand Sport en 1954. Quelques châssis Delahaye 235 sont encore carrossés par Chapron d'après ses dessins, tout en reprenant la face avant tracée par Philippe Charbonneaux. Franay compte parmi ses derniers clients pour habiller des châssis Bentley, Rolls-Royce, Cadillac et Talbot-Lago. Letourneur & Marchand le sollicite pour dessiner un coupé Frégate produit à soixante-sept exemplaires. Enfin, la maison Hotchkiss fait appel à ses services pour concevoir la berline Monceau, le coach Agay et la Grégoire Sport.

Malgré ces succès, la disparition progressive des châssis de luxe et des ateliers artisanaux pousse Carlo Delaisse vers une activité plus confidentielle, orientée notamment vers des véhicules publicitaires. Il s'éteint en 2001, laissant derrière lui une œuvre esthétique majeure dont la reconnaissance demeure encore aujourd'hui un travail de reconstruction historique complexe.

Cabriolet Grégoire Sport - Source : https://fr.wheelsage.org


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