British Cars

British Cars a fait l'objet de 58 numéros entre 1991 et 2004. Sa parution n'a jamais été très régulière, mais s'est toujours située à une moyenne de 4 à 5 numéros par an. Ce magazine était  proposé par les Editions Stevens, installées à Abbeville dans la Somme. Cette société fondée en 1985 et dirigée par Gilles Stievenart a cessé ses activités en 2016 sous ce nom. Cet éditeur est aussi connu pour avoir publié V8 Magazine, réservé aux voitures américaines, et Flat 6 Magazine consacré aux Porsche. Cette dernière publication poursuit de nos jours (mai 2019) son chemin entamé en 1990, toujours depuis Abbeville.

L'édito est dans tous les numéros signé par " la rédaction ". Cette forme d'anonymat est regrettable, car derrière une équipe, il est toujours agréable de voir un rédacteur en chef s'engager en première page (cf les éditos de Didier Laine, Xavier Audiau ...). Marc Joly a dirigé la rédaction durant ces treize années. Didier Denis, Christian Tahon (par ailleurs cofondateur et directeur de publicité de Flat-6 Magazine) et Gérard Joly ont aussi été présents durant toute l'aventure de British Cars.

D'autres noms sont apparus dans le cartouche au fil des années: Anne Chantal Pauwels (pilote de course, écrivaine, journaliste), Bruno Guillain, Christian Dewaet, Ian Kuah, Jean François Phelippeau, Jean-Paul Decker (journaliste essayeur dans le domaine de l'automobile ancienne et de collection), Jocelyn Lecocq, Joël Peyrou et Yves Gallet (propriétaire et rédacteur en chef du mensuel Rétro Course).

Curieusement, British Cars est dépourvu de sommaire. C'est évidemment peu pratique, mais assez symptomatique de l'organisation générale de la publication. On retrouve dans les premières pages les incontournables " news " et l'actualité des clubs, même si la " journée du 11 novembre réservée à la pêche à la crevette du Nord Triumph Club " ne passionne pas la plupart d'entre nous. Tout périodique automobile se doit de posséder ses pages de " petites annonces ". British Cars ne déroge pas à l'usage. Autre incontournable, les lecteurs peuvent s'exprimer dans le bien nommé " courrier des lecteurs ". Au fil du temps, de nouvelles rubriques sont apparues, consacrées aux livres récemment publiés, aux miniatures, etc ...

La maquette banale, le manque de construction (les articles se succèdent sans logique apparente), le format (un simple A4 qui laisse peu de liberté), la qualité du papier utilisé, la police d'écriture, parfois la surimpression en lettres blanches sur des fonds photographiques ... British Cars est loin d'avoir l'aspect soigné d'autres titres contemporains. La pagination est restée régulière (84 pages) et le prix de vente s'est montré très stable, peu sensible à l'inflation : 29 francs pour le premier numéro, de 34 francs pour le deuxième à 36 francs pour le dernier (en l'occurrence 5,5 euros).


TVR 3000 S Convertible

Dans un même numéro, les sujets sont nombreux. Il y a matière à lecture. Il s'agit pour l'essentiel d'articles consacrés à telle ou telle voiture, surtout de la période de l'après-guerre, parfois des anciennes des années 30. Ce qu'il reste de l'industrie automobile britannique des années 90 est bien mis en valeur, et nombreux sont les essais concernant les dernières nouveautés de Bentley, Rolls-Royce, Mini, MG, Aston Martin, Jaguar, TVR, etc ...

Quand il s'agit de rédiger un article sur une ancienne, l'architecture du texte est à peu près toujours la même. Une très brève remise en contexte permet de situer la voiture dans l'histoire de la marque. Puis l'auteur s'intéresse au passé de l'auto essayée, ce qui peut flatter son propriétaire mais n'intéresse pas forcément le lecteur. Un compte rendu des impressions de conduite conclut l'article. 

Vu le cadre du magazine (les voitures britanniques), le sujet n'est pas extensible à l'infini, et on peut avoir l'impression que certains modèles sont surreprésentés, ce qui soi est logique car ils ont en leur temps été largement diffusés. Cela concerne par exemple la Mini, les MG, les TR, la type E, l'Austin Healey ... Parfois, et avec un certain plaisir pour le lecteur, un des rédacteurs sort des sentiers battus :  Triumph Renow, Hillman Minx, Armstrong Siddeley Sapphire, Lagonda, Bristol, Princess Vanden Plas, des Ford Dagenham  ou Vauxhall méconnues, etc ...

On aurait pu espérer plus de sujets consacrés aux " petits " constructeurs britanniques, même si ceux-ci ne sont pas totalement ignorés. C'est ainsi que l'on va de temps en temps à la rencontre de fabricants comme Railton, Lancester, Swallow Doretti, Mini Marcos, Panther, Piper, Reliant, etc ... Parmi les marques modernes et plus ou moins confidentielles, notons quelques articles sur les AC, Ariel, Ascari, Caterham, Cirrus, GT Developements, Noble, Westfield, etc ...

Au détour d'un numéro, on tombe sur quelques autos surprenantes, parfois uniques : Jaguar Coupe Le Mans par Michelotti de 1963, Aston Martin V8 Ogle de 1972, Mini ACV30 de 1997, Lotus M250 de 1999, etc ... Les préparateurs et carrossiers qui gravitent autour des modèles de grande série sont aussi là, qu'il s'agisse de Lynx ou TWR qui ont oeuvré sur base Jaguar, ou de John Cooper et Speedwell qui sont des spécialistes de la Mini.


Aston Martin V8 par Ogle

L'écriture ne présente pas de défaut, on a affaire à des professionnels (syntaxe, orthographe ...). Il y a pas ou peu de coquilles. Mais quasiment jamais on ne se trouve emporté par le texte, avec l'envie que cela dure ... C'est trop souvent une accumulation de considérations plus ou moins pertinentes et/ou passionnantes. Cela manque de hauteur, de relief, de consistance. L'emploi de la première personne par certains rédacteurs peut agacer.

Clairement, British Cars n'est pas un magazine consacré à l'histoire des voitures britanniques. L'équipe n'a jamais manifesté cette volonté. L'amateur de détails historiques regrettera le manque de précision, de faits clairement établis, de dates ... Aucun document d'époque n'est reproduit. C'est un choix éditorial qui correspond aux goûts de certains lecteurs, et qui simplifie certainement le travail de préparation de ce périodique.

En dehors des essais et découvertes d'automobiles, British Cars nous propose une multitude de sujets ayant trait aux voitures britanniques : rencontres de garagistes qui vendent des autos neuves ou anciennes, qui font de la restauration, visite de casses automobile, de spécialistes (la réfection des cuirs ...).

Les rassemblements organisés par les Club -  Rolls-Royce Enthousiast Club, Pre 1940 Triumph Owners Club, Lotus en Périgord ... - ou par différentes structures - Silverstone Festival, Classic British Car Meeting ... - font l'objet d'articles divers, de même que l'organisation d'évènements à l'occasion d'un  anniversaire : 35 ans de Mini, 50 ans du Land Rover, 90 ans de Rolls-Royce ...

A plusieurs reprises, la visite à Rétromobile s'impose, tout comme celle des Salons de Paris, Francfort ou Genève. Notre curiosité est en éveil quand on part à la découverte des ateliers de Morgan ou de TVR, ou quand on visite la chaîne de production de la Mini. Quelques sujets plus techniques sont abordés, qu'il s'agisse des huiles moteurs, du remplacement de la distribution, de la réfection d'un moteur, du contrôle technique ...

La publicité est présente dans British Cars de manière mesurée. Le magazine a toujours pu compter sur des annonceurs fidèles. L'un d'entre eux, le spécialiste Jaguar installé à Tournai en Belgique, Phoenix Cars, s'est offert la quatrième de couverture du numéro 5 au numéro 52. Comme l'indique Marc Joly lors d'un reportage consacré à ce distributeur, " il existe une certaine complicité entre Phoenix Cars et British Cars ", et d'en expliquer les raisons.

Dans l'édito du numéro 58, un paragraphe devient rétrospectivement important. La rédaction précise " qu'après de longues années à la tête du magazine, Marc Joly, qui consacre désormais la quasi-totalité de son temps à sa passion pour les Porsche à travers le Flat 6 Magazine, n'a plus matériellement le temps de s'occuper de British Cars. La rédaction remercie Marc Joly pour son travail, et précise qu'elle va poursuivre le développement du magazine, en le faisant évoluer selon les désirs des lecteurs ". Conséquence ou hasard, force est de constater que ce numéro 58 de mai/juin/juillet 2004 fut le dernier pour British Cars.

Ce magazine ne fait pas partie de mes préférés, loin s'en faut. S'il ne correspond pas à mes attentes, constatons tout de même qu'il a plu à un certain public pendant près de treize ans, ce qui n'est pas rien.

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