Auto Référence


Auto Référence numéro 1

En 1989, à 50 francs, Auto Référence était vendu au même prix qu'Automobiles Classiques, une revue qui avait déjà fait ses preuves après six années d'existence. Ce rapprochement allait de soi car dans son apparence, Auto Référence évoquait immanquablement Automobiles Classiques, avec un dos carré et une impression sur papier de qualité.  Le contenu différait cependant, avec moins d'anciennes et plus de contemporaines dans Auto Référence. A cette époque, dans Automobiles Classiques, on parlait encore d'anciennes !

Le premier numéro paraissait en mai-juin 1989. Il s'agissait d'un bimestriel, avec cependant quelques ratés dans la régularité de parution. En effet, alors que la période courant de mai 1989 à août 1991 aurait dû compter 15 numéros, on n'en dénombrait que 12, certains ayant été diffusés sur plus de deux mois. Le rythme changeait à partir du numéro 13 d'octobre 1991, et devenait mensuel. Du moins le pensait-on, car le numéro de novembre 1992 faisait déjà défaut. Cette cadence était toutefois maintenue jusqu'en septembre 1992, puis la parution s'interrompait pendant cinq mois. Auto Référence faisait un dernier retour chez les marchands de journaux, avec un numéro 23 en mars 1993, un 24 en mai 1993 et l'ultime numéro, le 25 en juin 1993. Le titre n'annonça pas sa disparition. 

L'évolution des prix et de la pagination fut la suivante :
50 francs (11,68 euros) du numéro 1 au numéro 5, pour 132 pages
39 francs (8,81 euros) du numéro 6 au numéro 12, pour 116 pages
32 francs (7,01 euros) du numéro 13 au numéro 17, pour 100 pages
34 francs (7,27 euros) du numéro 18 au 22, pour 100 pages
25 francs (5,24 euros) du numéro 23 au numéro 25, pour 100 pages


Auto Référence numéro 6, nouvelle couverture, nouvelle maquette, prix et pagination à la baisse

A la tête de ce luxueux magazine, Yves Denis tenait le rôle de directeur de la publication. En outre, la rédaction comptait pour ce premier numéro trois autres personnes, André Armand, Michel Leroux et Roland Urban. L'équipe évolua jusqu'en 1993, avec des départs et des arrivées. Seul André Armand et Yves Denis menèrent l'aventure de ce magazine depuis le premier numéro jusqu'à sa disparition.

Auto Référence était une publication PMS, Press & Marketing Stratégies, société domiciliée initialement Boulevard Pereire à Paris, une SARL dont l'inscription au RCS était en cours lors de la sortie du premier numéro. A partir du numéro 9, Auto Référence était publié par Warm Up Publication, installée à Neuilly, dont le nom fut ensuite modifié en W'Up, puis DH Editions. Lors de son ultime tentative de redémarrage, en mars 1993, la revue était éditée par Avenir Presse, société elle aussi avec un RCS en cours.

Concernant les voitures contemporaines, le premier numéro par exemple proposait des articles sur la Lamborghini Jalpa, l'Alfa Romeo 164 V6, le Bentley Eight, la Ferrari Mondial PPG et la Jeep Cherokee Limited. Ce mélange " moyenne gamme " et " prestige " allait persévérer dans les numéros suivants. Les articles concernant les anciennes s'intéressaient à la Jaguar Type C et à l'Aston Martin DB5. On revenait aussi dans ce numéro sur le Camel Trophy, les rencontres VEC, une exposition sur les 100 ans de Ford, et les oeuvres d'un designer qui a depuis fait carrière.

La publicité occupait une vingtaine de pages, essentiellement avec des marques prestigieuses : Breitling, Martini, Pioneer, Malboro, Alfa Romeo, Volvo et Jaguar. La régie publicitaire avait bien fait les choses. L'éclectisme de la publication était de mise. La maquette était moderne, mais plutôt froide. On n'y retrouvait pas le côté plus chaleureux propre à Automobiles Classiques, question de goût et de sensibilité peut être ! En contrepartie, la lecture était aisée, avec des textes aérés.


Auto Référence numéro 13, encore une nouvelle couverture ainsi qu'une baisse des prix et de la pagination. Par contre, la revue s'affiche désormais comme étant un mensuel.

La qualité de l'écriture compensait les petits défauts d'aspect. La plume des différents rédacteurs était alerte, les textes fournis, documentés, structurés et plaisants à lire. Evidemment, la revue n'évitait pas les habituels poncifs : l'histoire du sauvetage d'Aston Martin par le riche industriel David Brown après-guerre, la dispute entre Enzo Ferrari et Ferruccio Lamborghini au sujet de la qualité des voitures du premier qui fut à l'origine de la création des automobiles Lamborghini, etc ... Mais il est, reconnaissons-le, difficile d'innover en la matière.

Auto Référence devait se construire une légitimité, devenir un titre incontournable et incontestable, comme Moteurs en son temps ou Sport Auto dans leur domaine. Et cela demeure un travail au long cours. L'iconographie était essentiellement constituée de photos modernes. La revue ne semblait pas posséder un fonds d'archives pour étoffer par des documents illustrés d'époque ses articles sur les anciennes, d'où encore cette impression de froideur dans la présentation.

Le magazine fut inauguré lors d'une soirée organisée en avril 1989. Yves Denis présentait cette publication comme étant " avant tout réalisée par des passionnés de belle automobile, pour tous les passionnés de belle automobile ". Les représentants de plusieurs grands constructeurs (des annonceurs potentiels ...) étaient présents à cette inauguration, ainsi que quelques personnalités comme Jean Pierre Jabouille ou Christian de Léotard.

Dans le numéro 6, Yves Denis revenait sur la courte histoire des cinq premiers numéros. Il évoquait l'inévitable période de rodage afin de prendre ses marques avant de parvenir à maturité, et de répondre aux attentes des lecteurs. La baisse du prix de vente semblait répondre à une demande des plus jeunes lecteurs, passionnés par cette publication trop coûteuse pour leurs moyens. Robert Puyal inaugurait dans ce même numéro une rubrique intitulée Etats d'âme, dans laquelle il revenait au travers d'un texte très fourni sur l'histoire d'un concept car. La Bertone Carabo inaugurait cette rubrique, suivie dans les numéros suivants par la Lamborghini Marzal et la Mercedes C111. Hélas, cette série s'acheva prématurément avec la voiture étoilée.

Le numéro 7 consacrait près de 50 pages aux VEC, un sujet pas forcément vendeur et qui ne pouvait concerner qu'un public limité. Au fil du temps, on pouvait regretter le trop grand nombre de reportages sur des manifestations de courses historiques, guère passionnants, sauf à y retrouver sa voiture en photo !

Afin d'assurer le succès du numéro 13 qui annonçait une formule " magazine " avec une parution mensuelle, la rédaction d'Auto Référence concoctait un numéro largement consacré à Ferrari. Mais le positionnement demeurait flou, entre le magazine mensuel accessible et la revue de prestige. L'opération spécial Ferrari fut renouvelée dans le numéro 23, qui tentait vainement après plusieurs mois d'absence en kiosque de relancer Auto Référence.

On notait un rapprochement un peu trop visible entre d'une part les publicités pour telle ou telle marque, tel ou tel importateur, et  d'autre part les essais pour tel ou tel modèle. La publicité en page de couverture arrière pour la Pontiac TranSport du numéro 16 nous valait un essai dans le numéro suivant. L'essai d'une Lamborghini Diablo allait de pair avec une publicité pour un distributeur de la marque, etc ... 

Auto Référence était une belle revue, malheureusement vite oubliée de tous. Elle manquait cependant un peu d'âme, d'identité forte. Son défaut de régularité dans la parution et sa pagination à la baisse ne contribuèrent pas à l'installer de manière durable dans le petit monde de la presse automobile.

En faire l'acquisition aujourd'hui numéro par numéro vous coûtera du temps et de l'argent. Prenez patience, de temps à autre apparaît une collection complète à vendre sur les sites d'annonces. La demande est faible, les prix restent modérés (100/150 euros la collection). Prenez garde à l'état de ces magazines, le type de reliure utilisé laisse avec le temps qui passe les feuilles s'échapper une à une !


L'ultime numéro d'Auto Référence, le 25

 

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