Autopoche

Le numéro 1 d'Autopoche arrivait en kiosque en février 1968. Le dernier, le numéro 54, paraissait en novembre 1972. Ce mensuel a existé en deux formats : 136 x 185 à dos carré du numéro 1 au numéro 33, puis 175 x 260 à reliure agrafes du numéro 34 au numéro 54. Dans la première formule à format réduit, chaque numéro comptait entre 120 et 150 pages selon les mois, à l'exception des numéros " Salon " plus volumineux. Dans la seconde version, un numéro d'Autopoche comptait entre 80 et 120 pages. Sur une durée de 58 mois, ce mensuel est paru 54 fois, avec quelques irrégularités la première année, sans doute consécutives aux évènements de mai 1968, et en raison d'un unique numéro pour les mois de juillet et août 1972. La principale originalité d'Autopoche est mentionnée dans son titre. Aucun  concurrent de l'époque ne proposait en 1968 un format aussi réduit. L'Auto Journal en était d'ailleurs encore à sa version journal grand format.

Hors numéros " Salon ", le prix d'Autopoche s'est maintenu à 2,50 francs du numéro 1 au numéro 5  puis à 3 francs jusqu'au numéro 37, 3,50 francs jusqu'au numéro 51, et enfin 4 francs jusqu'au numéro 54. En 1968, l'Auto Journal, l'Automobile et Europe Auto coûtaient aussi 2,50 francs, et l'Action Automobile seulement 2 francs. Autopoche tirait à un peu plus de 100 000 exemplaires tous les mois en 1969/70. Cela correspond à un tirage mensuel proche de celui de l'Automobile Magazine ou de l'Auto Journal en 2015 (respectivement 111 003 et 109 003 exemplaires en moyenne).

L'éditeur d'Autopoche était André Martel (1917-2004). A la naissance du magazine, le rédacteur en chef était Charles Ewald, remplacé après quelques numéros par Fernand Bucchianeri (jusqu'au numéro 39). Le conseiller technique était Jean Bernardet, ingénieur et journaliste, bien connu pour sa collaboration au mensuel l'Automobile. Sa participation à la rédaction d'Autopoche semble s'être achevée courant 1969. Au fil du temps, le lecteur vit apparaître d'autres signatures plus ou moins connues : Pierre Pagani qui fut un temps rédacteur en chef d'Echappement, Jean Lerust journaliste dans ce même magazine, l'historien automobile et secrétaire de l'AGACI François Joly, le pilote de moto et journaliste à Moto Revue Jean Claude Bargetzi, etc ...

Pour situer le contenu de ce mensuel, voici le sommaire du premier numéro : le Monte-Carlo, Pleins phares : Salon de Bruxelles, Autodocuments : Peugeot 204 Diesel, la peinture des automobiles sur chaîne chez Renault, Autoverdict : Daf 55 à moteur Renault, Ford Escort, Mercedes 200 à 300 SEL, Bloc-Notes : les évolutions des automobiles en 1967, Autoroman : l'histoire de Lancia, Amédiée Gordini, Autopratique : 20 conseils pour l'hiver, la mode féminine, la côte d'Autopoche, Autoloisirs : vive le week-end, le km/h cet inconnu, Performances : l'actualité de la compétition automobile, Autoconseils : les bougies, Autojeu : résolution d'un problème. Au fil du temps, le sommaire d'Autopoche se structura avec des rubriques plus claires et aux titres moins pompeux : circulation, conseils pratiques, courrier des lecteurs, économie, essais, magazine, marché de l'occasion, nouveautés, technique, sports, motos, caravaning, modélisme, voyages ...


4ème de couverture du numéro 21 de janvier 1970. Du N° 11 au N° 25 (sauf le N° 18), la 1ère de couverture et la 4ème de couverture présentaient une apparence très proche, avec le bandeau " Autopoche " dans sa partie supérieure et l'annonce d'une partie du contenu du magazine.

L'usage de la couleur était limité. Les pages couleurs étaient condensées en plusieurs pages à suivre, et étaient imprimées sur un papier de qualité supérieure. Si le petit format d'Autopoche était pratique pour emporter son magazine n'importe où, il ne permettait pas de mettre suffisamment en valeur les quelques belles photos que contenait cette publication.

L'éditeur annonçait une forme d'indépendance vis-à-vis des annonceurs. En effet, la publicité n'occupait qu'environ 5 % de la pagination totale. André Martel précisait ainsi dans le numéro 22 : " cette formule, nous la voulions libre de tous carcans publicitaires, de toutes influences extérieures ". Autopoche n'était cependant " pas hostile à la publicité honnête et utile ".

L'éditeur d'Autopoche proposait d'acquérir des volumes reliés de quatre numéros, du moins dans la formule au format réduit 136 x 185, des ouvrages que l'on retrouve aujourd'hui assez facilement en " bourse d'échanges ". Reconstituer de nos jours une collection complète d'Autopoche ne relève pas encore de la mission impossible. Par contre, trouver une collection intégrale en une seule fois semble peu probable. Privilégiez les collections incomplètes (ebay, le bon coin, bourses, les bouquinistes automobiles) quitte à payer un peu plus cher les numéros manquants. A l'unité, un Autophe doit pouvoir se négocier 3 ou 4 euros pièce au plus. Ne cédez pas à ceux qui en demandent 10 euros (parfois bien plus) à l'unité.

Avec le recul du temps, cette revue qui est parue à la charnière des années 60 et 70 présente un charme indéniable. Les sujets traités sont multiples, même si le format du magazine ne permettait pas de très longs développements. Autopoche vous entraînera au coeur des quelques années qui précédèrent la fameuse crise de 1973, à la fin des trente glorieuses.


1ère de couverture du numéro 41 de septembre 1971. N'imaginez pas que les femmes dénudées étaient une constante sur les couvertures d'Autopoche.

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